
Historique politique
En 1979, le Chah d’Iran est renversé par la révolution islamique. À son retour d’exil en Irak où il s’est réfugié de 1964 au 16 octobre 1978, puis en France jusqu’au mois de janvier 1979,aprés son expulsion d’Irak, l’ayatollah Khomeiny proclame l’Iran république islamique aprés la fuite du Chah, en février 1979. Après le succès que remporte le référundum sur l’installation d’un régime islamique,avec 98% de "oui", Khomeyni appelle les Irakiens à renverser le régime de Saddam Hussein dès 1980. Son objectif est de répandre le mouvement islamique à travers tout le Proche-Orient.
De son côté, Saddam Hussein, arrivé au pouvoir en 1979, redoute l’arrivée au pouvoir de Khomeiny, et attaque l’Iran le 22 septembre 1980, sous le prétexte de désaccord frontalier. Il espère faire disparaitre Khomeiny et réduire l’influence du mouvement islamique, en faveur de son pays.
Ses objectifs sont clairs : obtenir le déplacement de la frontière sur la rive orientale du Chatt-el-Arab pour assurer une meilleure sécurité à la région de Bassorah ; obtenir la restitution des trois îles du détroit d’Ormuz annexées par le Shah en 1971 et soustraire ainsi le détroit à une exclusive emprise iranienne ; provoquer éventuellement un soulévement dans la province iranienne du Khuzestan (Arabistan pour l’Irak) et l’annexer.
À cette époque, l’Irak était un pays économiquement et militairement puissant dans le golfe Persique, grâce aux revenus des pétrodollars et à une politique de modernisation qu’il a mis en place dans son pays (école obligatoire pour les garçons et les filles, politique volontariste et une augmentation de plus en plus importante d’élite irakienne). Les puissances occidentales inquiètes de l’apparition de la république islamique iranienne voyaient en l’Irak un pays qui pourrait évoluer vers la laïcité et le modernisme, ainsi pesant contre l’Iran. C’est pourquoi, elles ne s’opposent pas dans un premier temps à la guerre Iran-Irak, voire la soutiennent par la suite. C’est en particulier le cas de l’URSS et de la France et des États-Unis. Cependant, en dépit de la puissance militaire de l’Irak, le conflit s’enlise rapidement. Début 1981, les Iraniens contre-attaquent et parviennent à libérer l’essentiel du territoire iranien début 1982. En juin de cette même année, l’Irak décrète un cessez-le-feu, mais voit son territoire envahi le mois suivant.
L’Iran voit ses buts de guerre proclamé se radicaliser, il s’agit de réduire l’Irak, destituer Saddam Hussein et le remplacer par un régime islamique.
La ligne de front se stabilisa au niveau de la frontiére commune et malgré de nombreuses offensives de part et d’autre, il n’y eu pas de percée majeure.
Finalement, en 1988, l’armée irakienne reprend le dessus. Le 18 juillet, Khomeiny accepte le cessez le feu exigé par la résolution 598 du conseil de sécurité de l’ONU (20 juillet 1987).
Le 15 août 1990, Saddam Hussein accepte de revenir aux accords d’Alger de 1975 : il libère les prisonniers de guerre et quitte les territoires occupés. Le traité de paix est finalement signé le 20 août 1990, selon les nouvelles conditions iraniennes. Cela revient à un retour a un statut quo ante.
Au total, les dépenses militaires, pertes en produit intérieur brut et capitaux non investis, auraient dépassé 500 milliards de dollars pour les deux pays. L’Iran estime officiellement à 300 milliards le prix de la reconstruction de son économie. L’Irak, pour sa part, l’évalue entre 50 et 60 milliards de dollars.
Les estimations des pertes en vies humaines varie de 600 000 à plus de 1 200 000 morts iraniens et à plus 250 000 Irakiens, ce qui est très élevé pour un conflit régional. [modifier]
Historique militaire
Lorsque le Chah était au pouvoir, les dissensions existait déja entre l’Iran et l’Irak, et, en 1975, un traité fut conclut pour redéfinir les frontiéres.
Cependant, après mai 1979, un certain nombre d’incidents éclatérent le long de la frontiére ; entre avril et juillet, 30 000 Irakiens d’origine iranienne furent chassés d’Irak ; en septembre 1980, le président Saddam Hussein annula le traité de 1975.
Le 20 septembre 1980, l’aviation irakienne bombarda un certains nombre de terrains d’aviations Iraniens, et 2 jours plus tard l’armée irakienne entrait en Iran. L’Irak affirmait vouloir exercer à nouveau sa souveraineté sur les voies navigable et les territoires du Chatt el’Arab, cédé en 1975.
Les forces irakiennes avancaient le long de 3 axes : vers Quarr-e Chirin au nord, Mehran au centre et surtout Susangard et Khorramchahr dans le sud. L’Irak espérait qu’un tel mouvement entraînerait rapidement la chute du nouveau régime. L’Irak réussit à franchir la frontière, mais la profondeur de pénétration variait considérablement d’une percée à l’autre. Le plus gros succès fut obtenu au sud, après la chute de Khorramchahr après de très durs combats. L’Iran livra au nord et au centre des contre-attaques peu importantes, en général à l’aide d’un léger support de blindés et d’artillerie. Il regagna ainsi quelques territoires perdus.
En janvier 1981, les Iraniens menèrent une contre attaque de plus grand envergure au sud de Susangerd, qui se solda par un échec du à l’absence d’infanterie pour soutenir l’action des chars et la nature du terrain, très mou à cette époque de l’année, et donc impropre au déplacements des chars. Il est probable que, dans les combats, l’Irak a laissé une cinquantaine de char T-62 et l’Iran une centaine de char Cheftain et M-60A1.
Au cours de la 1re année de guerre, l’Iran et l’Irak ont perdu environ le méme nombre de chars, entre 250 et 300. Certains observateurs supposent que l’Irak avait capturé en un an, une cinquantaine de Chieftain en bon état, ainsi que M 60A1 et des Scorpion.
Quand ils ont été bien dirigés, les Cheftains iraniens, dotés de leur canon de 120 mm, se sont révélés bien supérieurs au char T-54 et T-55 armé d’un 100 mm ainsi qu’au T-62 avec leurs 115 mm de l’armée irakienne.
En 1981, les 2 armées commencérent à avoir de nouveaux besoins en équipements. Les Iraniens réussirent à obtenir d’Israël des pièces détachés de chars M-48 et M-60. La Syrie, la Libye et quelques pays socialistes leur en fournirent égalements. L’Irak continuait à être approvisionné par la France (y comprit en missiles antichars), l’URSS, la Corée du Nord, le Viet Nam et l’Égypte, essentiellement en munitions de char T-54 et T-55, que les livraisons en matériel américain rendirent rapidement inutiles. Au début de 1983, l’Irak commenca à recevoir de nombreux équipements de République Populaire de Chine dont le char Type 63, qui transita par l’Arabie saoudite.
Avant la guerre, l’Iran et l’Irak comptaient sur leurs revenus pétroliers pour subvenir à leurs besoins militaires : 3,5 millions de barils/jour exporté pour l’Irak et 1,6 million pour l’Iran : au début de 1980, les deux pays n’exportait plus que 600 000 barils. En raison de cette diminution considérable, l’Irak dut recourir à l’aide de l’Arabie saoudite entre autre.
En 1984 commencèrent les attaques systématiques d’installations pétrolières et de pétroliers par les 2 camps.
En janvier 1987, l’Iran lance deux grandes offensives : Kerbala 5, à l’est de Bassorah, où Téhéran voulait établir un gouvernement provisoire de la République islamique iraquienne, constitué des chefs des opposants chi’ites iraquiens réfugiés en Iran ; Kerbala 6, à 150 kms au nord de Bagdad en direction des grands barrages de l’Euphrate. Les pertes sont énormes de part et d’autres mais les forces iraniennes sont finalement bloquées.
En juillet 1987, l’Iran entreprend de contrôler la navigation maritime dans le golfe. Les navires koweitiens sont alors placés sous pavillon des États-Unis.
A compléter [modifier]
Armes chimiques
Dès 1984, des armes chimiques sont utilisées par l’Irak, à la fois contre l’armée iranienne mais également contre les populations civiles et plus particulièrement Kurdes, sans réactions notables de la communauté internationale. Le 17 mars 1988, l’armée irakienne utilise des armes chimiques et biologiques sur Habalja, se concluant par la mort de près de 7 000 habitants. Le régime Irakien de l’époque à expliqué que cela était l’œuvre de l’armée iranienne. On estime qu’à cette époque, plus de 150 000 Kurdes ont été exposés à des armes non conventionnelles. [modifier]
Implication internationale dans le conflit
Les États-Unis ont eu des contentieux avec l’Iran dès la proclamation de la République islamique ; L’investissement de l’ambassade américaine à Téhéran par des Etudiants, la longue prise d’otages qui s’en suivit et l’échec de l’opération destiné à libérer les employés fut le premier acte d’une guerre larvée entre ces 2 pays.
Bien que leurs relations diplomatique soient gelées durant cette période, l’affaire Iran-Contra prouve que des contacts et des rencontres eurent tout de même lieu entre les gouvernements de ces nations quand leurs intérêts étaient convergents.
Divers affrontements armées eurent lieu, allant de simples escarmouches à des batailles en règle concernant essentiellement la liberté de navigation des pétroliers dans le Golfe Persique.
Au moins 2 LSM type "Iran Asr" reconvertit en mouilleurs de mines furent coulés par l’US Navy en 1980 et 1987 lorsqu’ils furent pris en flagrant délit de pose de mines sur les voies commerciales.
Pour contrer les vedettes rapides des Gardiens de la Révolution (Pasdarans), une unité composé d’hélicoptères légers AH-6/MH-6 "Little Bird" des forces spéciales des États-Unis fut créée en 1987 pour lutter contre cette guérilla maritime, il y eu une centaine d’acrochages.
Le 17 mai 1987, 2 missiles Exocet lancés par un Mirage F1 Iraquien touchèrent la frégate "USS Stark" tuant 37 marins et blessant 21 autres, le pilote de chasse à dit avoir confondu le navire avec un pétrolier iranien.
Le 14 avril 1988, la frégate USS Samuel B. Roberts est gravement endommagé par une mine iranienne. Cela entraina le 18 avril 1988, une opération de grande envergure nommée Praying Mantis lancée par les États-Unis qui neutralisa le tiers de la flotte iranienne. Une frégate iranienne (le "Sahand" de type Vosper Mk5) fut coulée ; une autre, le "Sabaland" (méme type) gravement endommagée, un patrouilleur type Combattante II (P 225 Joshan) et 5 vedettes furent envoyés par le fond, et des plates-formes de forage reconverties en base pour les vedettes rapides furent investies par l’US Navy qui perdit un hélicoptère et ses 2 pilotes.
Le 3 juillet 1988, le croiseur USS Vincennes abat un Airbus A300 d’Iran Air après avoir été survolé par des chasseurs iraniens (290 morts). Deux semaines après, Téhéran accepte le cessez-le-feu.
La Royal Navy et la Marine nationale française en autre dépéchèrent des navires de guerre dans l’océan indien pour surveiller les voies de navigation et neutraliser les champs de mines pouvant gêner l’approvisionnement pétrolier de l’Occident et du Japon.
D’autres grandes nations furent impliquées de façon directe ou indirecte dans ce conflit, surtout dans la vente d’armes à l’un ou à l’autre des belligérants, voire aux deux. La France, par exemple, fut le deuxième fournisseur d’armes de l’Irak, formant des pilotes et prêtant mêmes 5 Dassault Super-Étendard de sa marine le temps que les Mirage F1 commandés furent livrés.
Des pays et des organisations internationales ont tenté à plusieurs reprises des médiations pour cesser le conflit, dont l’Algérie, mais celui-ci a reçu une réponse négative de la part de l’Iraq qui a abattu le 3 mai 1982 un avion d’affaire Gulfstream II du gouvernement Algérien avec 14 personnes à bord dont le ministre des affaires étrangères se rendant à Téhéran avec un Mig-25.
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Vente d’armes
L’Irak fut, entre 1985 et 1990, le premier importateur de matériel militaire au monde, représentant 10 % du marché.
Entre 1970 et 1990, ses achats furent de 31,5 milliards de dollars (valeur 1985).
Il est à noter que les chars T-72 irakiens qui furent livrés à partir de 1984 n’étaient pas aux standards de l’Armée rouge. En effet, Saddam Hussein avait demandé à ce qu’on retire le système de visée de nuit ; le système de visée laser télémétrique ainsi que la protection NBC pour réduire les coûts, 500 000 dollars pièce au lieu de 1 150 000 Fournisseurs en milliard de $ 1985 % du total URSS 19,2 61 France 5,5 18 Chine 1,7 5 Brésil 1,1 4 Égypte 1,1 4 Autres pays 2,9 6 Total monde 31,5 100,0
L’Iran ne fut pas en reste et acquit de manière légale ou illégale des armements venus de nombreux pays.
Parmi les vedettes des Pasdarans qui s’attaquaient aux navires dans le golfe persique, 20 étaient construites en Suède et livré en 1986, il s’agit des "Boghammar" qui faisaient 13m de long, filaient à 45 nœuds avec un équipage de 6 hommes. 25 autres vedettes venaient d’un chantier de Boston.
Les deux belligérants s’échangèrent même une cinquantaine de chars capturés l’un par l’autre en 1985, ce qui fut un des événements parmi les plus inhabituels de cette guerre.
Guerre Iran-Iraq. (2006, février 18). Wikipédia, l’encyclopédie libre. Page consultée le 14:29, février 19, 2006 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php ?title=Guerre_Iran-Iraq&oldid=5653635