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La bataille de l’Atlantique 6

 

NOUVEAUS RAIDS DES CUIRASSES DE POCHE DANS L’ATLANTIQUE 6e PARTIE

I. Le Admiral Hipper (2-14 février 1941)

Le 4 février 1941, les avions anglais virent que le Hipper avait disparu de Brest. A ce moment, il était à 1000 nautiques du Cap Finistère, à faire le plein. Le 9 il reçut ses ordres, le capitaine de vaisseau Meisel et son navire devaient aller au large de la Sierra Leone où il devait attaquer les convois peu protégés. Le 9 février, le U37 repérait le HG 53 et lui coulait trois navires (Brandenburg, Estrellano et Courland). Il signala en outre le convoi et cette information fut captée par le Hipper. Mais il ne put couler qu’un traînard de ce convoi décimé par les SM et la Luftwaffe. Ce sera la seule opération commune entre SM, Raiders et avions. Le 11, le Hipper coula un navire marchand isolé puis le 12 7 des 19 navires du SLS 64 qui naviguait sans protection.

Mais les machines laissaient à désirer et la consommation en fuel était supérieure aux prévisions. Il fallait donc retourner à Brest. En 12 jours il aura coulé 33000 tonnes.

Le 24 février, le cuirassé faillit être atteint par 15 bombes qui passèrent à moins de 180 mètres au port à Brest. C’est pourquoi Reader ordonna son retour à Kiel. Il quittait Brest le 15 mars et à la faveur du brouillard, arriva à Kiel le 28 mars. Mais dans la mer de Norvège un bâtiment allemand était signalé. Etait-ce le Scheer, le Hipper ou le Greisenau. Les anglais ne savaient pas. Mais finalement il surent que le Scheer et le Hipper étaient à Kiel. Mais tout les cuirassés de poche se ressemblaient.

II. Le Scharnhorst et le Greisenau (23 janvier - 12 mars 1941)

La stratégie des allemands était de disperser les forces anglaises et de maintenir la tension. Pour cela, il fallait envoyer des raiders, cuirassés de poche ou navires de commerce armés, dans l’Atlantique, successivement et sans répit. Avant même l’arrivée du Scheer et du Hipper, une force constituée du Greisenau et du Scharnhorst avait quitté Kiel le 24 janvier, sous le commandement de l’amiral Lütjens. Ils comprenaient 18 pièces de 280 et 24 de 150. Les navires passèrent bizarrement au sud de l’Islande. Le 28, le Naiad les repéra et fut repéré par les radars allemands. C’est pourquoi les cuirassés firent route au nord, passant par le détroit du Danemark puis retournant dans l’Atlantique le 2 février sans être repéré. Il se ravitailla au sud du Groenland puis se posta sur la route des convois d’Halifax. Le 8 ils aperçurent un convoi qu’ils prirent en tenaille. Mais ils aperçurent le cuirassé Ramillies qui protégeait le HX 106. Les allemands s’éloignèrent alors mais un seul navire fut repéré. On pensa au Scheer ou au Hipper. Au sud-ouest du Groenland, ils se ravitaillèrent. Le 22 février, ils attaquèrent un groupe de navires et en coulèrent 5 soit 25784 tonnes puis alla au sud et se ravitailla plusieurs fois. En effet les ravitailleurs servaient d’éclaireurs. Entre le 6 et le 8 mars, 3 U-Bootes patrouillaient aux abords de Freetown, où ils pouvaient couler. Il s’agissait de l’U124 (Schultz), de l’U106 (Oesten) et de l’U105 (Schewe) qui coulèrent 7 navires du SL67, malgré le cuirassé Malaya. Le 7, les deux cuirassés aperçurent le convoi mais la présence de bâtiments de guerre anglais le fit fuir. A défaut de cuirassés pour protéger les convois, on utilisa des SM, deuxième tentative, comme les SM classe T ou le Surcouf. Mais ces SM risquaient d’être pris pour des U-Bootes. Le 15 un convoi est en vue et Lütjens put couler 10 navires. En revanche, les convois chargés de troupes étaient trop protégés pour être attaqués. Le 16, les allemands furent aperçus par le Rodney. On fit alors appareiller le King Georges V. On pensait que les allemands allaient retourner à leurs bases et on voulait les intercepter. Finalement, les allemands purent éviter les alliés et retournèrent à leur base. Le 22, derrière trois Sperrbrecher, ils retournèrent à Brest. Repérés par les anglais ils furent bombardés malgré la DCA et la tourelle avant du Greisenau fut détruite, causant 80 morts. Mais ils ne furent pas mis hors d’état et purent reprendre la mer.

Les anglais tentèrent de bloquer l’accès aux ports par des mines pour empêcher les allemands d’attaquer les nombreux convois chargés de troupes pour l’Afrique.

III. Le Bismarck a. 1ere phase, la fin du Hood

En mai 1941, l’Allemagne était toute puissante, tant en Grèce qu’en Afrique. Le 18 mai, le Bismarck et le Prinz Eugen quittèrent l’Allemagne. Le PE était le frère du Hipper tandis que le Bismarck était un nouveau type de cuirassé de poche. C’est l’amiral Lütjens qui commandait le Bismarck, qui avait une cuirasse quasi impossible à percer. Comme le Tirpitz, on le pensait incoulable... Le 21, un avion du CC le situa à auteur de Bergen. Les anglais étaient informés de son appareillage depuis deux semaines. L’amiral Torvey, conscient du fait qui les cuirassés de poche narguent depuis des semaines la Royal Navy voulait détruire ce navire à tout prix. Entre l’Islande et le Groenland patrouillaient les croiseurs Suffolk et Norfolk. De plus partirent pour le détroit de Danemark le Hood, le Prince of Wales et 4 destroyers. Entre l’Islande et les îles Féroé, patrouillaient les croiseurs Manchester et Birmingham. A Scapa Flow, demeuraient le King George V, 4 croiseurs et 7 destroyers. Le Porte Avion Victorious et le Repulse virent leur départ annulé. Un problème se posait pour les allemands comme pour les anglais : il fallait préparer une longue poursuite, donc des points de ravitaillement. Le 23, du fait du brouillard, les avions rentrèrent à leurs bases mais le radar fonctionnait. Le Suffolk repéra les deux allemands. Le Norfolk s’approcha du point indiqué, puis devant les tirs allemands, se déroba. La neige succédait à la pluie et le jour ne finissait pratiquement pas. Le Suffolk continuait à suivre les allemands. Pendant ce temps, tous les convois furent détournés, de peut que l’un ne soit entièrement détruit.

Les croiseurs de bataille se rapprochaient des allemands. Le Hood avait 25 ans mais le Prince of Wales était neuf. Les anglais savaient leur artillerie supérieure à celle des allemands et leur vitesse égale (31 nœuds). L’amiral Holland, capitaine du Hood voulait ralentir les allemands, les endommager et peut-être les détruire. Le 24 mai, Holland met le cap au nord, voulant s’adjuger le Bismarck tandis que Wake Walker, à bord du Norfolk, devait détruire le Prinz Eugen. Bientôt, le Suffolk retrouve l’escadre allemande, mais un canon avant du POW ne peut tirer. Holland voulait prendre Lütjens par surprise et attaquer le Bismarck à courte portée, où l’artillerie de ce dernier serait moins efficace. Bientôt le Bismarck tire tandis que les anglais concentrent leur feu sur le Prinz Eugen. Très rapidement, le POW prend le Bismarck comme objectif. A la sixième salve, deux obus l’atteignent mais des projectiles touchent le Hood en son milieu et très vite il explosa et disparut. Périrent 95 officiers et 1324 hommes. La disparition du Hood permettra aux allemands de concentrer leurs feux sur le POW ?. La passerelle est touchée et presque tous les officiers sont tués, sauf le commandant. Par miracle il réussit à s‘échapper pour panser ses blessures, sans combustible et avec de lourdes pertes.

b. La poursuite du Bismarck

Mais le Bismarck était aussi touché et Lütjens ordonna de retourner à Saint Nazaire. Mais le Suffolk le suivait. Torvey ordonna alors à ses avions d’attaquer le Bismarck tandis que les croiseurs se rapprocheront. Le temps est mauvais mais les anglais ne veulent plus attendre. Les avions attaquent vite, renseignés par les croiseurs, le ciel es zébré de tirs de mitrailleuses lourdes. Une torpille touche le navire mais ne perce pas la cuirasse. Deux Fulmar sont perdus. De plus, le Prinz Eugen avait disparu. Lütjens lui avait ordonné de poursuivre seul sa guerre de course. Maintenant, Donitz se demandait s’il fallait aider Lütjens en lui envoyant des U-Bootes. Finalement, Donitz envoya ses U-Bootes en éclaireur. Le combustible diminuait tandis que la flotte anglaise recherchait le Bismarck, composée en plus du King Georges V, du Victorious et du Repulse. On avait peur pour les convois et on les détourna. Perdu puis retrouvé par un Catalina, le B. ouvrit le feu sur tous les avions. Puis, à court de combustible, le Prince of Wales et le Repulse retournèrent vers l’Islande et Terre Neuve. Mais le KG V fur rejoint par le Rodney. Mais eux aussi n’avaient pas assez de combustible pour continuer longtemps la bataille. Ce serait la panne sèche près des côtes françaises ...

c. La fin du Bismarck

Le Bismarck aurait sûrement rejoint les côtes françaises si la force H ne s’était trouvée à l’est. Le cercle se resserrait autour du Bismarck. Au nord du Bismarck, des avions anglais torpillèrent le Sheffield par erreur. Mais l’erreur ne fit pas de dégâts car les torpilles eurent des ratés. La seconde fois, le croiseur anglais les dirigea vers l’allemand. Le KG V et l’Ark Royal eurent aussi de la chance car ils passèrent très près de l’U556 qui était en position de combat. Mais il avait les tubes lance torpilles vides !!

A l’attaque du Bismarck, les Swordfish rencontrèrent un temps défavorables et la réaction des canons AA du cuirassé. Ils lancèrent 13 torpilles, une toucha la ceinture et n’eut pas d’effet, l’autre, coup heureux, détruisit les organes de direction. Il avait réduit sa vitesse et était condamné. Torvey, prudent, lança encore des torpilles, dont deux eurent des impacts. Mais le navire riposta de son artillerie moyenne contre les destroyers. Pendant c temps, l’U556 assistait à la scène et renseignait les allemands. Les anglais se rapprochaient de plus en plus et les lourds navires anglais massacraient les superstructures du Bismarck. Il ne manœuvrait plus et était fini. Le pont était en feu et les anglais lui lançaient encore deux torpilles. Le cuirassé disparaissait avec 2000 marins. 112 seront sauvés. Anecdote : le médecin du Bismarck aidait ensuite le médecin du Dersetshire à soigner les nombreux blessés et on lui vola, comme souvenir, les vestes de son uniforme. Le commandant fit alors poser une boite une note : « Cet acte est indigne de marins anglais. Vous trouverez sous cette note une boite. Tous les boutons doivent être rendus. Sil en ma,que un seul, les permissions seront supprimées malgré la victoire ». Ils furent tous rendus.

Ainsi « la petite histoire est-elle liée à la grande de façon intime »...

 
Publié le lundi 1er mai 2006

 
 
 
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