
Les modèles idéologiques et la confrontation Est/Ouest
La notion de guerre froide est au centre du chapitre. La guerre froide est l’axe majeur des relations internationales des 50 ans qui suivent la guerre. Nous allons décrire les caractéristiques des deux modèles, capitalistes et communistes. En effet chacun a une vision différente du monde. Quelles sont les étapes, les enjeux, les formes et les modalités de la confrontation Est/Ouest. Pendant la seconde guerre, la Grande Alliance a regroupé les UA et l’URSS contre le nazisme. Leur rivalité a été mise entre parenthèses. Mais dès 44-45, les rivalités se réveillent pour savoir quelle est la superpuissance qui s’affirmera au rang mondial. Chronologie : 1ere phase : 1947- début années 1960 : la guerre froide, les blocs se structurent. 2eeme phase : milieu années 60-1975 : la « coexistence pacifique » ou « détente ». 3eme période : fin années 70 - 1985 : la « guerre fraîche ». Dernière phase : 85-91 : fin de la guerre froide, disparition de l’Union Soviétique.
I. Les grands modèles idéologiques 1. Le modèle soviétique
Les conception philosophiques et économiques s’opposent à celles des USA. Il y a affrontement terme à terme. a. les sources idéologiques : marxisme - léninisme pour Marx, l existe deux classes : les bourgeois et les prolétaires. Il y a opposition entre les classes. La révolution prolétarienne devrait conduire à la société communiste parfaite. Marx meut en 1883 et Engels en 1895. Ø le manifeste du Parti Communiste Idée de lutte des classes pour faire évoluer le monde. En pleine révolution industrielle, il existe deux classe : ceux qui travaillent, les prolétaires, et ceux qui possèdent, les bourgeois. Les prolétaires sont les acteurs de la révolution à venir. Il faut abolir « l’exploitation de l’homme par l’homme ». Ø communiste : une propriété collective (usines, mines, ....) Ø système collectiviste Lénine, mort e 1924, s’inscrit dans la pensée marxiste, mais apporte des nouveautés. 1916 : « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». Idée nouvelle : le pouvoir du tsarisme est un pouvoir fragilisé par la première guerre mondiale. Lénine comprend qu’i lest temps pour les bolcheviks de s’emparer du pouvoir. La révolution va éclater, mais la Russie n’est pas développée. C’est un pays très attardé. La Russie est un pays très agricole (le servage est aboli en 1860 ). Cette révolution doit donc atteindre les pays d’Europe de l’Ouest et en particulier l’Allemagne. La Russie est en effet trop pauvre pour une nouvelle société. Elle ne rassemble pas les caractéristiques décrites par Marx. Fin 1917, la Russie est le plus grand pays socialiste du monde. Elle change de nom pour s’appeler URSS en 1922. Lénine va mettre en place le parti bolchevik avec des révolutionnaires professionnels dont la mission est de s’emparer du pouvoir. Fin 1917, le PS devient parti unique en URSS. Les textes de Marx en Engels décrivent une société qui se fonde sur leurs principes philosophiques. Leurs écrits avec ceux de Lénine sont une référence pour le modèle soviétique. Il y a néanmoins le problème de la propriété des moyens de production ...
b. Les stalinisme des années 1930 à 1953
A la mort de Lénine, il y a une phase de lutte pour le pouvoir. C’est Staline qui y arrivera de 1928-20 à sa mort en 1953. Fin des années 1920, son pouvoir est total. Son mot d’ordre : construire le socialisme dans un seul pays. Il faut transformer un pays pauvre en une grande puissance industrielle, militaire et politique. Il veut aussi consolider son propre pouvoir. Les années 1930 voient s’installer une dictature totalitaire. Il y a une rupture entre Lénine et Staline. On essaie de condamner le parti communiste et l’URSS en le nommant régime totalitaire, au même niveau que le nazisme. Le stalinisme se caractérise par la terreur de masse. Il y a des grands ^procès, des purges, des arrestations de communistes. Le régime a des tendances criminelles, des millions de personnes finissant au Goulag. La mortalité y est très forte, mais ce n’est pas un camp d’extermination. Le goulag ne disparaît d’ailleurs pas entièrement à la mort de Staline. Le pouvoir repose sur la violence, la propagande et le culte de la personnalité. Le génie militaire de Staline est exalté à travers des affiches. Il y a aussi une idée de lutte, qui continue après la guerre. C’est la lutte économique. Il faut développer la puissance de l’URSS. Le modèle se développe dans une partie de l’Asie, comme en Chine, et Staline incarne l’image du modèle pour certains pays d’Europe (France, Italie ...). L’économie est collectivisée, les usines et le terres appartiennent toutes à l’Etat ou aux coopératives (regroupement d’ouvriers et de paysans). L’économie est dirigée par des plans quinquennaux. Le tout est réparti entre kolkhozes et sovkhozes. Priorité est donnée à l’industrie lourde. Staline est d’ailleurs « l’homme d’acier ». L’économie fabrique de l’acier par exemple. La consommation est secondaire par rapport à l’industrialisation. Le niveau de vie des soviétiques est très faible et il y a des avantages sociaux comme l’éducation gratuite, la médecine gratuite, l’accès à la culture, absence de chômage ... Mais est-on entré dans une société sans classes ? Il y a une nouvelle classe dominante, la nomenklatura, qui a des avantages, des magasins spéciaux par exemple ... Elle dirige l’état, les usines etc. La réalité est donc toute autre que la théorie de Marx.
c. Le système après Staline : entre réformisme et conservatisme
Les caractéristiques majeurs ne changent pas à l’exception des caractéristiques les plus violentes, comme les goulags. Le système perdure mais se transforme. C’est Khrouchtchev qui détient le pouvoir. Il fait son rapport secret en 1956 durant le XXe congrès du PCUS. Il demande de ne rien dire sur ce qui va se passer. Son rapport décrit la dérive criminelle du stalinisme. Il y a un tournant puisque c’est la maître du PC qui dénonce ces crimes. Il dénonce l’absurdité du culte de la personnalité, et fait porter l’ensemble des crimes sur la personne de Staline. Khrouchtchev va essayer de réorienter l’URSS vers une société moins violente. Mais il ne veut pas toucher l’ensemble du système. Soljenitsyne est un écrivain qui remet en cause les qualités de Staline par correspondance, puis se retrouve au Goulag. Mais il va pouvoir publier une partie de son œuvre. « L’archipel du Goulag » Le monde va découvrir ce qu’est le Goulag. Il sera expulsé le l’Union soviétique en 1974. Selon lui, la terreur existait déjà avant Staline et après lui. Le caractère répressif du régime remonte à l’origine du système, c’est à dire Lénine. Staline à prolongé, aggravé et amplifié ce qui existait déjà. Lénine a déjà mis en place les premiers camps, a créé la Tcheka ou police . L message politique de Soljenitsyne est que la révolution conduit à la dictature.
Les conséquences du rapport K. sont nombreuses, en 1956, la Hongrie se révolte. A Budapest, les Hongrois se séparent du modèle soviétique. Les chars de l’armée rouge rétablissent l’ordre. La Tchécoslovaquie en 1968 veut avoir une politique indépendante par rapport à l’URSS. 1960 : rupture entre URSS et Chine. Mao Zédong reste sur une ligne stalinienne. Ø le système communiste se divise.
En 1964, Brejnev arrive au pouvoir et prône le conservatisme.
2. Le modèle Américain a. les origines du modèle
Les origines remontent à 1776, avec la déclaration d’indépendance. Tous les hommes ont le droit à la vie, la liberté et le bonheur. 1776-1783 : guerre d’indépendance face à l’Angleterre. 1787 : constitution Les Etats Unis sont une république, les pouvoirs sont séparés. Notion de fédéralisme. Chaque état a son gouverneur, ses lois, sa police, sa justice, son éducation ... Les sources idéologiques : valeurs religieuses, éthique protestante, Weber. Réussir matériellement c’est signe d’élection divine, et tout homme peut réussir par le travail. Individualisme, libéralisme, capitalisme, propriété privée ... Adam Smith : propriété privée, principe de la libre concurrence, marché Ø recherche du profit Méfiance par rapport à l’état Reagan : « L’Etat n’est pas la solution, l‘Etat est le problème » Il y a les mythes fondateurs : le melting pot, le mythe de la frontière, celui de la destinée manifeste : les USA ont le rôle de diffuser leurs valeurs...
b. le système politique fédéral
Il y a séparation des pouvoirs. 3 pouvoirs : l’exécutif domine (président). Il nomme les ministres et est élu par le suffrage universel indirect. Le législatif vote les lois. C’est le congrès. Il y a deux instances, le Sénat (100 sénateurs) et la chambre des représentants (435 membres). Il n’y a aucun moyen de le dissoudre et par la procédure d’impeachment, il peut destituer un président coupable de forfaiture ou de trahison (Nixon en 1974). Le pouvoir judiciaire est détenu par9 juges nommés à vie, la cour suprême. Il y a deux grands partis, les républicains : Symbole, l’éléphant. DE droite, parti libéral, ( milieu d’affaire, classe moyenne, bien implanté dans la Sun Belt). Démocrates : L’âne, centre gauche, ont une approche plus sociale des problèmes (acceptent l’intervention de l’Etat). Parti des minorités. Ils sont d’accord sur l’essentiel (capitalisme). Il y a une forte abstention, un rôle important de l’argent et des médias. Rôle des « lobies » dans la société américaine (groupes de pressions pour faire passer des lois qui leur sont favorables).
c. La superpuissance dominante (années 1950-1960)
A ce moment, le modèle américain semble l’emporter sur le modèle soviétique. La seconde guerre a renforcé les USA alors que l’Europe et le Japon ainsi que l’URSS en sortent très affaiblis. En 1942 se déroule la bataille de l’Atlantique. La guerre froide va agir comme un facteur dynamique sur l’économie des USA. Années 50-60, développement du complexe militaro-industriel sous Eisenhower. Les USA occupent un rôle décisif dans la reconstruction du monde en 1945, noamment en raison de leur poids économique. Il y a organisation de l’ONU, le rôle du US$, les accords de Bretton Woods, le FMI, la BIRD ... En 1945, les USA représentent 50% de la production mondiale et 2/3 des stocks d’or. De nombreux pays sont endettés, les USA sont le créancier d’une bonne partie du monde. Les Etats Unis regroupent un certain nombre de mythes, comme l’immensité, le mythe du désert, la modernité technologique ... Mais, dans les notes de Clayton (sous secrétaire d’Etat aux affaires économiques) à Marshall et Truman, on peut comprendre un danger. En effet, la puissance de la Grande Bretagne s’affaiblit, la place est à prendre. Les candidats potentiels sont l’URSS et les USA. Si l’URSS prend le pouvoir, une nouvelle guerre mondiale est à craindre, et les chances seraient contre les USA. L’URSS est donc une menace. Seuls les USA seraient en mesure de maintenir la paix. De plus, les soviétiques usent d’un travail de sape pour gagner de la puissance. Il y a un travail politique, de propagande, de conquête des esprits ... En 1947, les démocraties populaires se mettent en place. Ensuite, il cite les enjeux de cet affrontement : La Grèce, où il y aura la guerre civile jusqu’en 1949. Elle oppose les communistes aux forces de droite, qui gagnent. Il se met alors en place une dictature de droite. En Turquie, les soviétiques font pression politiquement pour avoir un accès à la mer. En France, les communistes obtiennent ¼ des voix. C’est le parti de la résistance ,des fusillers. Il y a des ministres communistes, ce qui est inadmissible pour les américains. Risque de contagion, logique des « dominos » : un pays qui tomberait entraînerait les autres. Il y a une réponse forte de Marshall et de Truman, les USA doivent intervenir pour bloquer l’extension communiste sinon le monde irait vers une nouvelle guerre.
d. Faiblesses et critiques
Le maccarthysme et la chasse aux sorcières (1950-1954) : Nous allons voir comment la psychologie de guerre froide modifie les USA de l’intérieur. Selon McCarthy, l’ennemi est à l’intérieur même des Etats Unis. Il y a dénonciation des traîtres. L’ennemi est présent dans l’élite, l’administration américaine. C’est le crypto-communisme. Il y a des communistes dans les affaires étrangères. Il faut les dénoncer, les chasser, les punir. C’est la chasse aux sorcières. McCarthy va faire passer pour des communistes des progressistes (idées de gauche). A Hollywood, il y a une liste noire des réalisateurs et des acteurs qui ne pourront plus tourner. Ils iront jusqu’à « exterminer » les Rosenberg en 1953. Question raciale et sociale : Il y a aux USA 40 millions de pauvres dans les années 1960. Il s’agit notamment d’une minorité noire. Mais il y a tentative politique de lutte. L.B. Johnson va mettre en œuvre le programme de son prédécesseur, Kennedy. Ce dernier parle de « nouvelle frontière » et Johnson de « Grande société ». Il y a une continuité, les mêmes idées. Selon Johnson, l’état doit intervenir pour réguler l’économie et redistribuer une partie des richesses. Il y a une dimension morale. De plus, il met en place une protection sociale, un accès à la médecine (Medicare pour les plus de 65 ans, Medicaid pour les plus démunis). En 1964, loi sur les droits civiques. Par cette loi, toute forme de ségrégation, dans l’emploi, l’éducation, l’habitat ... est interdite. Martin Luther King oppose une résistance non-violente (grèves, manifestations, boycotts ...) pour rallier une majorité des américains. Après son assassinat se met en place les panthères Noires, les Black Muslins de Malcolm X etc. qui réclament un pouvoir noir. Fin des années 1960, des émeutes dans les ghettos font plus de 200 morts. IL y a une contestation du modèle américain qui vient de l’intérieur. Contestation de le jeunesse : Beatnik : génération foutue. Il s’agit de la génération hippie d’inspiration libertaire dans les campus. Ils sont contre la société de consommation, cotre la guerre du Vietnam, ... Jack Kerouac : « Sur la route » en 1955. Crise du pouvoir présidentiel : Affaire du Watergate en 1972. Démission de Nixon en 1974. c’est un scandale qui se répercute sur la fonction présidentielle. Elle en sort affaiblie. Nixon a aussi été impliqué dans le 11 septembre 1973, le renversement d’Alliende, président du Chili qui était de gauche, socialiste, par Pinochet. Ce dernier met en place une dictature militaire en Amérique latine, soutenu par la CIA.
II. Les débuts de la guerre froide : 1945- années 1960
La notion de guerre froide a 4 composantes : Ø absence de guerre mondiale Ø tensions en Europe Ø guerres locales en Asie, Amérique latine .. qui feront 40 millions de victimes Ø course aux armements (terreur nucléaire). menace mortelle qui pèse sur l’humanité.
Aron : « paix impossible, guerre improbable ». La guerre froide se caractérise par une lutte dans tous les domaines : Ø conquête de l’espace. 1957, Spoutnik 1 (1er stellite artificiel). 1961, Gagarine dans l’espace (1er homme). 1969, Armstrong et Aldrin sur la lune, Apollo 11. Ø Le sport. Jeu d’échec : 1972, Spassky/Fischer qui l’emporte Ø espionnage 1947, création de la CIA pour repérer les activités communistes Ø cinéma / littérature : « My son John » en 1952 (une mère découvre avec désespoir que son fils est membre du PC). James Bond, Flemming (romancier). John le Carré, romans d’espionnage.
a. L’Europe coupée en deux
Ce clivage, qui date des années 1945-1949, de l’Europe va durer jusqu’en 1990.La coupure traverse l’Allemagne qui est un enjeu de la guerre froide. Se pose alors le problème de l’Allemagne. Chacun des vainqueurs obtient une zone d’occupation en Allemagne. L’Europe de l’Est entre dans la zone d’influence de l’Union Soviétique. Se mettent en place des démocraties populaires. L’idée de Staline est de constituer un glacis entre l’URSS et le monde occidental capitaliste. La zone d’influence soviétique comprend les territoires qui ont été libérés par l’armée rouge entre l’hiver 1944 et mai 1945 à l’exception de la Yougoslavie, libérée par Tito et l’Albanie qui libérée par ses propres résistants sera ultra-staliniste. En 1947-1948, Toto rompt avec Staline. Il prétend avoir son propre modèle communiste. La Grèce est en pleine guerre civile, tandis que la Tchécoslovaquie bascule dans le camp soviétique après le « coup de Prague ». L’Europe se fige jusqu’à la chute du mur de Berlin. Churchill : « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent ». L’objectif est de faire réagir les uSA pour qu’ils s’opposent à l’extension soviétique.
b. Le durcissement des antagonismes
En 1949, première années de la guerre froide, Truman, alors président des USA, définit la politique des USA pour les années à venir. La doctrine Truman présente une vision bipolaire du monde, un monde partagé entre pays libres et dictatures. Les USA doivent intervenir partout dans le monde pour la liberté. Politique de l’endiguement, « containment », pour s’opposer à toute nouvelle tentative d’extension de l’URSS. Les Etats Unis proposent une aide économique et financière. Par le plan Marshall (1948-1951), les USA donnent ou prêtent 12 milliards de dollars. Mais l’URSS refuse cette aide et interdit à ses satellites de l’accepter. 16 pays acceptent. La répartition est faite par l’OECE (vers l’UE). Le plan Marshall a un objectif politique, empêcher les pays d’Europe de l’Ouest de tomber dans la zone d’extension soviétique et reconstruire l’Allemagne pour élargir la puissance du camp de l’Ouest. Objectif économique également, pour que les relations économiques profitent aux Etats Unis. Mais renforcement du bloc soviétique, la doctrine Jdanov qui donne une autre vision du monde. Il y a deux camps, le bien et le mal. La camp « impérialiste » est composé des USA, de l’Angleterre, de la France, de la Belgique, de la Hollande. Les colonies US sont le proche orient, l’Amérique du Sud, et la Chine (communiste en 1949). Enfin, les pays réactionnaires, ou antidémocratiques sont la Grèce et la Turquie. La camp du « bien », les « anti-impérialistes » sont les pays soviétiques, le centre, l’URSS et les pays de l’Est. Les autres forces anti-impérialistes sont les différents mouvement ouvriers. Les autres grands pays de la force anti-impérialiste sont l’Indonésie, le Vietnam, l’Inde (décolonisation). Les espoirs de Jdanov sont l’Egypte et la Syrie.
En octobre 1947, création du Kominform, une nouvelle organisation pour répandre le communisme à laquelle font partie tous les pays communistes du monde. En février 1948, le coup de Prague est un coup de force communiste e Tchécoslovaquie.
Le camp américain souffre de pactomanie. Il fait beaucoup d’alliances pour encercler le communisme. 1949 : OTAN (USA, Ca,nada, 9 pays de l’Europe de l’Ouest, Grèce, Turquie). 1951 : USA-Japon 1954 : OTASE (Asie du Sud-Est), alliance politique et militaire comprenant les Philippines, la Thaïlande, le Pakistan, l’Australie, et la Nouvelle Zélande. 1955 : pacte de Bagdad : Turquie, Irak, Iran.
Du côté de l’URSS, En 1949, CAEM, ou COMECON, alliance économique 1950 : URSS-Chine 1955, pacte de Varsovie, pacte anti OTAN
III. Les grandes crises a. Les crises de Berlin
L’Allemagne est divisée en plusieurs zones d’occupation, tout comme Berlin. Chaque vainqueur dispose d’une zone. Mais les différents pays n’arrivent pas à se mettre d’accord (URSS, alliés). Le point de départ de la crise remonte à juin 1948, les 3 pays occidentaux décident d’unifier leurs zones d’occupation (FR, Ang, Usa). Il mettent en place une monnaie commune. Mais les soviétiques s’y opposent car c’est une atteinte à ce qu’ils ont convenu en formant les zones d’occupation. Les soviétiques coupent alors les routes pour aller à Berlin, c’est le blocus de Berlin ouest. Mais la réponse est l’organisation d’un pont aérien avec des médicaments, de la nourriture ... En mai 1949, les soviétiques lèvent le blocus pour éviter un affrontement militaire. L’Allemagne est alors coupée en deux. La RFA a sa capitale à Bonn et la RDA à Berlin Est.
La seconde crise remonte à août 1961. Le mur de Berlin est édifié sur ordre de Moscou pour empêcher les gens de passer à l’ouest. En effet, dans les années 1950, 2 millions de personnes étaient passées de l’Est à l’Ouest. Il s’agit de jeunes diplômés, il fallait mettre « fin à cette hémorragie ».
b. La guerre de Corée
Cette guerre est l’exemple d’une guerre localisée, par états interposés. Elle concerne toute l’Asie du Sud-Est, qui était sous domination japonaise jusqu’en 1945. La décolonisation arrive progressivement dans les années 50. Il y avait deux Corée, divisées à la conférence de Postdam. Au Nord, le régime de Kim Il-Sung et au Sud celui pro-américain de Syngman Rhee. Durant l’Eté 1950, le Nord attaque et envahit une grande partie du Sud. Truman obtient de l’ONU un mandat pour mettre fin à cette agression. Automne 1950, les troupes US commandées par Mc Arthur progressent vers la frontière chinoise. 1951 : les troupes chinoises soutiennent les troupes Nord-Coréennes et les américains sont repoussés au sud du 38e parallèle. Mc Arthur propose alors d’utiliser la bombe atomique contre la Chine. Il est alors renvoyé et remplacé par Ridway. 1953, signature d’un armistice, la guerre est sans vainqueurs ni vaincus. Près de 3 millions de morts pendant 3 ans de guerre. Mais match nul. Effet de cette guerre, la Japon devient un allié des USA et devient une base pour l’Amérique.
c. La crise de Cuba (1962)
Durant les années de détente, cette crise porte le monde au bord de la guerre nucléaire. En 1959, Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba suite à un coup d’état. Il annonce alors une réforme agraire. Mais ces terres appartenaient aux américains et cela porte atteinte aux USA. Il y a alors un bras de fer entre USA et Cuba. En 1960, Les USA décrètent en embargo sur Cuba. En 1961, affaire de « la baie des cochons ». On cherche à renverser Fidel Castro mais c’est un échec. Cuba demande la protection de l’Urss. Crise d’octobre 1962, un avion espion survole cuba et voit l’installation par les soviétiques de rampes de lancements pour fusées. Réponse de Kennedy : Il fait référence à la montée de nazisme des années 1930 pour parler de la crise des années 1960. le choix de Kennedy est la fermeté. Quelques jours plus tard, Khrouchtchev accepte de retirer ses fusées du territoire cubain. Chacun retire ses missiles, K. de Cuba et Kennedy de la Turquie. Enfin, les USA promettent de ne plus agresser Cuba.
IV. La détente (années 1960- milieu années 1970) a. la coexistence pacifique, cause et manifestations Ø facteurs du dégel
En 1953, agrès la mort de Staline, il y a déstalinisation limitée. En 1956, dissolution du Kominform. En 1964, Brejnev, conservateur, accepte la détente. On cherche la coexistence pacifique sauf dns le cas de la décolonisation. La détente vient de l’équilibre de la terreur. Dans les années 1960, chacun peut détruire l’autre et toute vie humaine sur terre. En effet, la doctrine US est Mutual Assured Destruction ...
Ø manifestations
Après Cuba, le téléphone rouge entre les deux capitales permet d’ultimes négociations en cas de crise. 1968, signature du TNP, traité de non prolifération entre les 5 puissances nucléaires (USA, Urss, Gb, France, Chine). Ils s’engagent à ne pas faciliter la détention de cette arme. Mais différents pays y accéderont. En 1972, accords SALT 1 entre URSS et USA. Stratégie arms limitation talks. Limitation des armes à grande capacité de destruction. Chacun se rend compte qu’il peut détruire l’autre. Ostpolitik de Willy Brandt, chancelier de la RFA entre 1969 et 1974 (SPD) pour le rapprochement des deux Allemagnes, et pour s’acheminer de façon pacifique vers la réunification. b. Les limites, paix impossible
Chacune des deux super-puissances dispose de sa zone d’influence et la contrôle sans que l’autre n’y intervienne. Ils y veillent à la stabilité. En 1968, le printemps de Prague voit une intervention militaire soviétique, la révolte est écrasée dans la sang au nom de la « souveraineté limitée » de Brejnev. La Tchécoslovaquie n’est donc pas libre, il y a une limite à ne pas franchir. Le 11 septembre 1973, Alliende qui veut faire des réformes agraires est renversé par un coup d’état soutenu par la CIA. C’est le régime de Pinochet. Exemple de beaucoup de dictatures militaires soutenues par les USA. La guerre entraînerait la destruction du monde, mais la paix est impossible aussi. De plus, les zones de tensions sont nombreuses. Ex. le Vietnam : L’Indochine est une colonie française en Asie mais de 1946 à 1954, une guerre oppose l’armée française aux résistants. En 1954, conférence de Genève et bataille de Dien Bien Phu. Après Genève, le nouveau pays appelé Vietnam sera coupé en deux (17e parallèle). Au nord, la République Démocratique du Vietnam, sous Hô Chi Minh (nationaliste communiste) s’oppose au sud au régime pro-US. Au Sud VietNam, il y eut une révolte communiste en relation avec le Nord VietNam. C’et le front national de libération (FNL), appelé aussi Vien-Minh ou Viêt-Cong. Ils sont soutenus par le Nord. Les USA soutenaient déjà la France mais en 1964, ils s’engagent de façon massive. Théorie du domino. Il faut empêcher que les communistes ne prennent toute l’Asie du Sud-est. Après les années 1960, il y a escalade. Le nord est soutenu par l’URSS et la Chine et le Sud par les USA. Il y a eu 550000 soldats américains au Vietnam, avec un armement massif, du Napalm, une haute technologie militaire ... Mais le napalm, qui a détruit 1/3 de la forêt du VietNam a aussi détruit les cultures. Usage de défoliants, herbicides, dioxine ... Mais les 120000 combattants soutenus par la population résistent. Il y a une dimension politique, le Vietnam est un bourbier pour les USA, et en 1968, il y a eu un soulèvement contre la guerre. Années 1969-1970, Nixon progressivement se désengage. En 1973, les accords de Paris entre les USA, et les deux Vietnam officialise le retrait des USA. La guerre continuera sans eux. En 1975, Saigon tombe entre les mains des communistes. C’est la réunification. C’est la première grande défaite américaine de l’après guerre. 2 leçons : C’est une victoire de la guérilla, petits coups de force face à la meilleure armée du monde. Choc psychologique, le Vietnam servira d’exemple pour tous les révolutionnaires en Afrique ou Amérique latine ... « que fleurissent mille VietNam » Mais la force de contestation à l’intérieur des USA a été la plus forte. En 1968, révolte des campus. 500000 déserteurs qui quittent les uSA plutôt que d’aller se battre. Mais problème car ce sont les classes populaires qui ont le plus souffert. En 1968, offensive du Têt, l’ambassade US de Saigon est prise, les américains écrasent alors la ville sous les bombes. Aux USA, la TV est entrée dans presque toutes les maisons, et les militaires comprennent qu’il faut contrôler les médias. Rôle de la chanson et du rock. Ø chansons pacifistes... La prise de conscience politique se fait par la chanson. C’est la contre-culture. De plus, le guerre du Vietnam révèle les inégalités, puisque les pertes des latinos, noirs ... ont été très élevées. Les bourgeois échappent souvent à la guerre. Ø 6 millions de tonnes de bombes, c’est à dire deux fois plus que celles lancées sur l’Allemagne et le Japon durant la seconde guerre. Ø 1 million de morts En France, la guerre d’Algérie était un sujet tabou, aux USA, le cinéma investit très vite la guerre du VietNam.
c. L’enjeu du proche orient
C’est une région stratégique majeure, à cause du pétrole (2/3 des réserves de la planète) et du canal de Suez. L’espace est contrôlé jusqu’à la seconde guerre par la France (Liban, Syrie)et la Grande Bretagne (Palestine). En 1948 est créé l’Etat d’Israël, ce qui déclenche un conflit entre Palestiniens (qui seront chassés) et les Israéliens (puissance majeure dans la région). Question du partage. En 1948, un plan de l‘ONU délimitait deux états distincts mais il ne sera jamais accepté. Ø 1ere guerre israélo-arabe en 1948-1949 sous Ben Gourion. Ø Choc car Israël remporte la guerre avec 650000 habitants contre 30 millions. Ø Ils récupèrent 78% de la Palestine (55% selon l’ancien plan de l’ONU). Catastrophe pour les Palestiniens (1 million finissent en exil, c’est la Nakba). Israël est soutenu par l’URSS et les USA ainsi que les Européens qui ont un devoir moral envers les juifs. Ce n’est pas le contexte de la guerre froide. Durant la guerre de 1956, Israël combat l’Egypte. Nasser incarne la force retrouvée de la nation arabe, soutenu par l’URSS. Il nationalise la canal de Suez, ce qui déclenche une expédition Franco-israelo-britannique. Mais les USA et l’URSS imposent le retrait des français et des Britanniques. En 1967, guerre des six jours, victoire d’Israël. Suite à cette guerre, résolution 242 de l’ONU qui demande à Israël de se retirer du territoire occupé. Mais cela reste lettre morte. La France prend une position plus forte pour les pays arabes tandis que les américains soutiennent encore plus Israël. Ø rôle de la diaspora juive aux USA Ø rôle du soutient URSS de l’Egypte Années 1960, formation du Fatah (Yasser Arafat) et de l’OLP (organisation de libération de la Palestine). 1973 : guerre du Kippour Israël/Egypte. Victoire d’Israël. Les problèmes entre Israël et l’Egypte sont réglés en 1978 quand Sadate signe les accords de Camp David avec Begin, sous la houlette des américains. Sadate sera tué en 1981 par les islamistes.
V. La fin du monde bipolaire (1970 - 1991) a. Apogée de la détente
Au début des années 1970, les USA sont en difficulté. Il y a démoralisation du camp occidental. Ø défaite du VietNam (traumatisme ) Ø changement de conjoncture (fin des 30 glorieuses, chocs pétroliers, chômage). Ø Watergate (affaiblissement de la présidence US) Ø Les UA traversent une crise de confiance En même temps, l’Afrique était en lutte pour son indépendance, et voit les avancées de l’URSS alors que c’était la chasse gardée des pays Européens. L’URSS marque des points en Afrique, met en place des régimes pro-soviétiques au Mozambique, en Angola ... Relations d’amitié avec l’Algérie par exemple, la Libye, le Congo.
Signe de la détente, les accords d’Helsinki en 1975 dépasse la division Est/Ouest car signés par 35 pays européens. Les pays signataires reconnaissent que les frontières européennes ne seront plus modifiées. Elles sont déclarées inviolables. Coopération économiques entre pays européens par delà le rideau de fer. Libre circulation des hommes, des idées, des informations ... Ø déclaration de bonnes intentions qui ne vont pas changer la vie des européens. Ø Le document dépasse néanmoins la logique des blocs. 1975 : Appolo-Soyouz : coopération soviéto-américaine dans le domaine de l’espace. Deux engins se sont arrimés ensemble.
b. Les crises de la guerre fraîche
En 1979, commence la guerre d’Afghanistan. Le gouvernement communiste en place depuis 1978 appelle à l’aide le grand frère soviétique face à la guérilla islamique. Il y a eu envoi de troupes mais victoire des islamistes. A cette époque, les américains aidaient la guérilla islamique, les talibans notamment.
En 1977/1987, crise des Euromissiles. L’URSS installe des SS20 en Europe de l’Est, dirigés contre la RFA. Ce pays demande aux américains d’installer des Pershing en Europe de l’Ouest. En réaction, manifestations pacifistes en Allemagne de l’Ouest. « Plutôt rouges que morts ». Mitterrand est favorable à cette installation : « les pacifistes sont à l’ouest, les fusées à l’est ». L’heure n’est plus au désarmement.
Changement à la Maison Blanche. Carter laisse la place à Reagan. Carter est démocrate : la morale doit dicter les faits, défense des droits de l’homme, il faut redorer le blason des USA. Coopération avec les alliés, détente, aide aux PVD. Mais tout change après le coup de Kaboul. En 1980, boycott des jeux olympiques de Moscou. Il y a alors relance de la course aux armements. En 1979, les Sandinistes prennent le pouvoir au Nicaragua (alliés de Cuba et de l’URSS). 1979, Révolution islamique en Iran, mise en place d’un pouvoir islamique qui se dresse contre les satans russes et américains. C’est une défaite pour Carter, une défiance pour les USA. Le personnel de l’ambassade des USA en Iran est pris ne otage durant un an. Ensuite, guerre Iran/Irak durera 8 ans et fera 1 million de morts. Puis, Carter considéré comme trop faible sera remplacé par Reagan, un ultra libéral. Cet ancien acteur de western sera élu en 1980 et 1984 jusqu’en 1988. « America is back ». Il parle d’ »empire du mal ». Retour au monde bipolaire, il s’appuie sur la bible et soutiendra les Contras au Nicaragua. Il soutient Pinochet et les Talibans. Relance la course aux armements. Projet de guerre des étoiles (projet IDS). Cette course a pour but de ruiner l’URSS, qui consacre 16% de son PIB à l’armement. Nouveau climat de paroxysme...
c. La disparition du bloc soviétique (1985-1991)
En 1985, le PCUS change de secrétaire général. C’est Gorbatchev, assez jeune par rapport à ses prédécesseurs. Changement important de politique car les hommes depuis Brejnev étaient des conservateurs. Au contraire, Gorbatchev est réformateur. Brejnev, Andropov et Tchernenko étaient conservateurs. Dès 1985 commence la Perestroïka, ou restructuration. On parle de « révolution dans la révolution ». Egalement la Glasnost, ou idée de transparence. En effet, l’URSS est en difficulté, difficulté grave voire mortelle. Il y a des problèmes économiques depuis les années 1960, des pénuries, des biens de mauvaise qualité. Les besoins des soviétiques sont difficilement satisfaits. A cela s’ajoute le coût de la course aux armements. Les USAconsacrent 5% de leur PIB et l’URSS 16%. Des sommes considérables sont investies dans des projets comme la guerre des étoiles. De plus, il y a le f