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La décolonisation et l’émergence du tiers monde

 

La décolonisation et l’émergence du tiers monde

Le chapitre de la décolonisation doit être mis en relation avec la guerre froide car la décolonisation est un des enjeux de la guerre froide. Ø quel sera leur bloc ? Egalement à mettre en relation avec les chapitres sur les IV et Ve républiques. Enfin, faire un parallèle avec les chapitres sur les relations Nord/Sud et les inégalités de développement. La décolonisation est une onde de choc, elle transforme la géopolitique de la planète. En 20 ans, la carte politique du monde change profondément. Il y a naissance de nombreux nouveau états en Afrique, conséquence de la disparition des grands empires coloniaux. La France et le Royaume Uni sont les plus grands colonisateurs sur le plan quantitatif. La légitimité de la colonisation a déjà été remise en cause en 1918 (Wilson déclare le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes). Entre 1919 et 1945, les empires ne changent pas beaucoup. Mais la WWII joue un rôle d’accélérateur du processus de décolonisation. La première phase concerne l’Asie (Inde par exemple), dans les années 1945-1954 (fin de la guerre d’Indochine). Ensuite, déplacement vers l’Afrique. Années 1953-1960.

I. Des conditions favorables à la décolonisation

En 1939, les empires coloniaux apparaissent inébranlables, couvrant la quasi totalité de l’Afrique, une grande partie du Moyen Orient, del4Asie du Sud et du Sud-Est. La seconde guerre mondiale joue le rôle d’accélérateur du processus de décolonisation.

A. des puissances coloniales ébranlées

Par la défait de 1940 en Europe des Belge, Hollandais, Français face aux allemands, et es difficultés des Britanniques, les colonisateurs perdent de leur prestige et de la crainte qu’ils inspiraient. De plus, les victoires du Japon en Asie détruisent les structures mises en place par les Européens et le mythe de l’invincibilité de l’homme blanc.

B. les renforcement des nationalismes

Les nationalismes = sentiment de former une communauté nationale et volonté de se doter d’un état. Dès 1942, le parti du Congrès en Inde, mené par Gandhi et Nehru, exige le départ des Britanniques (« Quiet India » = les Anglais hors de l’Inde). Le « manifeste du peuple algérien » de 1943, inspiré par Fehrat Abbas, exige une Algérie autonome liée à la France ( autonomie et non indépendance). En 1944 est fondé au Maroc par des nationalistes le parti de l’Istiqlal ( indépendance). Au Congrès panafricain de Manchester (1945), les nationalistes de l’Afrique Noire prônent l’accès à l’autonomie ou à l’indépendance.

C. la nouvelle donne internationale après 1945

Les deux grands soutiennent la décolonisation. En URSS, Lénine avait théorisé l’opposition du communisme au colonialisme dans « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916). La doctrine Jdanov de 1947 affirme que « le camp anti-impérialiste s’appuie [...] sur les combattants des mouvements de libération nationale dans les pays coloniaux et dépendants. Dans les années 1950-1960, l’Urss se veut le champion de l’émancipation des colonies. Les USA, ancienne colonie, sont, par principe, hostiles au colonialisme depuis 1918 (Wilson). Les considérations morales rejoignent es motivations économiques. Les liens économiques préférentiels entre métropole et colonies sont une entrave au libre-échange. L’URSS et les USA sont donc d’accord sur les principes. L’ONU, nouvelle organisation, se fonde sur les principes d’égalité entre les peuples et le droit pour ces derniers de disposer d’eux-mêmes, l’ONU devient une tribune pour les campagnes anti-coloniales.

D. Les réponses inadaptées des puissances coloniales

Dans ce contexte, les puissances coloniales ne semblent pas apprécier la mesure des changements intervenus depuis 1939. En 1945, le nouveau gouvernement britannique dirigé par le travailliste Attlee, prône la mise neplace du self-government pour tous les territoires, sans préciser de délais. Le cas Français illustre le décalage entre promesses, espoirs et réalité. Lors de la conférence de Brazzaville, en février 1944, De Gaulle écarte toute idée d’autonomie ou d’indépendance, tout en s’engageant à promouvoir des réformes. Le 8 mai 1945, jour de la capitulation allemande, une émeute à Sétif provoque la mort de 103 européens. La répression est féroce et il y aura 1500 morts selon l’administration (5 fois plus réellement).

II. La décolonisation en Asie

La première vague de décolonisation touche l’Asie.

A. L’Inde

En Février 1947, le gouvernement Attlee annonce que le RU se retirera d’Inde en 1948. Le plan de partition de Lord Mountbatten aboutit à la partition entre l’Inde (majoritairement hindoue) et le Pakistan ( à majorité musulmane) éclaté entre le NO de l’Inde (Pendjab = Pakistan occidental) et le Nord Est (Bengale = Bengladesh). Les deux états indépendants entrent dans le Commonwealth mais le problème inextricable des frontières entraine des affrontements très meurtriers. Gandhi est assassiné en 1948 et il y aura des centaines de milliers de morts.

B. L’Indochine

L’Indochine française se compose du Vietnam et des protectorats du Laos et du Cambodge. En septembre 1945, Hô Chi Minh, chef de file du Viet-Minh, qui rassemble communistes et différents nationalistes , proclame à Hanoi l’indépendance de la république démocratique du Vietnam. Suite une guerre coloniale qui oppose armée française et troupes du Viet Minh. La victoire du communisme en Chine en octobre 1949, internationalise le conflit. Le désastre militaire de Dien Bien Phu en mai 1954 face à l’armée du général Giap marque la fin des espérances françaises. Les accords de Genève en juillet 1954prvoient le retrait des troupes françaises, l’indépendance du Laos et du Cambodge et la partition du Vietnam entre un état communiste au Nord et un état pro-américain au Sud. Voir guerre du Vietnam.

III. L’Emancipation de l’Afrique A. la décolonisation du Maghreb français

Les protectorats : Maroc et Tunisie : C’est Pierre Mendés France, président du conseil, homme qui a mis fin à la guerre d’Indochine, qui promet l’ »autonomie interne de l’Etat tunisien » (discours de Carthage, juillet 1954. Il débloque ainsi une situation tendue depuis l’arrestation du chef du Néo Destour (parti nationaliste tunisien), Habib Bourguiba, suspecté de collusion avec les nationalistes en 1953. Il y aura des troubles, des émeutes, le retour de Ben Youssef sur le trône. L’indépendance est accordée en 1956. GUERRE D’ALGERIE Voir chapitre suivant

B. La décolonisation de l’Afrique noire

Globalement, al décolonisation de l’Afrique noire s’est opérée de manière relativement pacifique, malgré des situations difficiles. L’Afrique britannique Le RU accepte l’évolution par étapes vers le gouvernement autonome puis l’indépendance dans le cadre du Commonwealth. Par exemple le Ghana (lutte menée par NKRUMAH), le Nigéria (le nouvel état est organisé sur une base fédérale, cependant les oppositions tribales, économiques, religieuses amènent le Biafra à la sécession ; la guerre qui s’ensuit fait au moins 1 million de morts entre 1967 et 1970), le Sierra Leone, la Tanzanie, Ouganda, le Kenya ... La situation est plus difficile en Rhodésie du Sud, où le premier ministre blanc proclame unilatéralement l’indépendance en 1965 du Zimbabwe, à la fois contre le RU, la communauté internationale et les noirs, afin de préserver le pouvoir des colons blancs, 4% de la population.

L’Afrique noire française A l’exception de Madagascar, où la répression du soulèvement de 1947 fait entre 12000 et 150000 morts, l’évolution se fait dans le calme, autour de formations politiques spécifiques comme les IOM (Indépendants d’Outre-Mer) de Senghor au Sénégal, ou le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) de l’Ivoirien Houphouët-Boigny. La loi-cadre de 1956 ( loi Deferre) marque une étape importante vers l’autonomie (suffrage universel, création d’assemblées territoriales dotées de pouvoirs importants...). En 1958, tous les territoires (à l’exception de la Guinée) acceptent d’adhérer à la Communauté française, organisation de type fédérale proposée par De Gaulle. En 1960, ils accèdent à l’indépendance (exception de Djibouti, souveraineté en 19èè). Tous ces états conservent au moins pour un temps, des liens importants avec la France.

Le Congo Belge Vaste et riche territoire (minerais, cultures de plantations) administré de manière paternaliste par Bruxelles, les missionnaires catholiques et les sociétés minières. Mal préparée, l’indépendance qui préserve les intérêts économiques de l’ancienne métropole, débouche sur une guerre civile et sur la prise du pouvoir par le général Mobutu en 1965. Voir doc. 4 page 123.

Les décolonisations tardives Il faut attendre 1974 et la révolution des Œillets au Portugal (renversement de la dictature d’extrême droite de Salazar et de son successeur Gaetano) pour que les colonies du Portugal accèdent à l‘indépendance : Guinée-Bissau, Mozambique puis Angola, ce pays est déchiré par la lutte que se livrent les différents mouvements nationalistes. En 1990, c’est la Namibie, ancienne colonie allemande placée sous mandat de l’Afrique du Sud qui devient indépendante. En 1994, les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, qui portent au pouvoir Nelson Mandela, dirigeant de l’Anc (Congrès National Africain) marquent la fin du régime d’apartheid.

 
Publié le samedi 29 avril 2006

 
 
 
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