
Les démocraties populaires regroupent 3 pays d’Europe centrale (RDA, Tchécoslovaquie, Hongrie), E états d’Europe orientale (Pologne, Roumanie) et 2 ou 3 états balkaniques (Yougoslavie (n’en fait plus partie près 1948), Albanie et Bulgarie. Au lendemain de la WWII, l’Union Soviétique sous Staline cherche à disposer d’un « glacis défensif ». D’où l’importance du rôle des démocraties populaires. Ils sont théoriquement indépendants, mais leur indépendance est relative. Il y a des liens forts avec l’URSS, et leur marge de manœuvre est très réduite. Brejnev parle de « souveraineté limitée ». « pays satellites ». L’union soviétique est le « grand frère ». Ces pays sont en effet dominés par l’URSS. Ces pays reproduisent le modèle soviétique : pays « du socialisme réel ». Sur le plan politique, il n’y a qu’un seul parti et sur le plan économique, ils sont passés par une phase de collectivisation. Entre l’URSS et les démocraties populaires, une organisation s’appelle CAEM ou COMECON. C’est une réponse au plan Marshall qui facilite les échanges économiques dans la zone pratiquant la « division socialiste du travail » et renforce la domination de l’URSS sur ses pays satellites. Sur le plan militaire, ces pays font partie du pacte de Varsovie (1955), dirigé par Moscou. Mais comment s’effectue la mise en place des démocraties populaires ? Contre exemple de la Yougoslavie. Notion de durée, comment le système se maintient malgré les révoltes et les tentatives de réforme ? Comment expliquer l’effondrement rapide du système ?
I. l’entrée dans l’ordre stalinien 1. les raisons de l’instauration du communisme en 1945 a. Une Europe centrale et orientale dans l’ordre allemand
Rappel sur la situation dans les années 1940. Les pays d’Europe centrale et orientale ont tus été sous domination nazie. Mais alors que certains pays ont été envahis, d’autres étaient des alliés. La Pologne ou la Yougoslavie ont été envahis alors que la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie ou a Croatie... se sont battus contre la Russie avec l’Allemagne. Dans ces pays se sont formés des mouvements de résistance. Parmi ces mouvements, on peut remarquer le rôle important, politique et militaire, des communistes. En Yougoslavie, la résistance était divisée entre deux forces politiques : les communistes, sous Tito et les Tchetniks sous Mikaïlovitch (fidèle à la monarchie). Il y a donc une guerre dans la guerre. C’est Tito qui remportera la victoire.
b. L’hégémonie soviétique 1944/1945
L’ordre allemand va s’effondrer grâce aux victoires remportées par l’armée rouge qui va libérer ces territoires de l’emprise nazie. L’armée rouge a donc une prestige énorme. Après la guerre il y a un nouveau rapport de forces. Suite au traumatisme de l’après guerre, il y a volonté de changer de système, et une foi évidente dans le communisme. Le communisme est présenté comme le contraire du nazisme. C’est la promesse d’un monde nouveau.
c. L’héritage de la guerre et le retour de la paix facilite l’instauration du communisme
L’instauration du communisme à l’Est a plusieurs raisons. Des raisons internes tout d’abord. Le problème de la terre, qui est un enjeu politique majeur. Il y avait dans ces pays beaucoup de paysans, qui réclament une réforme agraire. Il y a aussi une tradition ouvrière, l’adhésion de la classe ouvrière au parti communiste. De plus, ces pays ont perdu confiance en l’Europe occidentale, Munich en 1938, les alliés permettent de dépecer la Tchécoslovaquie. Enfin, le prestige grandissant de l’armée rouge et de l’URSS qui a mené une guerre juste contre le fascisme. Il existe aussi des raisons externes : volonté de Staline de protéger l’URSS en constituant un glacis défensif par rapport au monde capitaliste. La condition indispensable c’est le contrôle politique de ces états d’Europe centrale.
2. La soviétisation de l’Europe de l’Est met fin à son indépendance (1945-1953) a. le temps du compromis 1945-1947
A ce moment, les communistes exercent une partie du pouvoir mais pas la totalité. Il y a des coalitions pluralistes. Mais des postes clés comme les ministères de la justice, de l’intérieur, de la défense et de l’économie sont aux mains des communistes. C’est la stratégie du cheval de Troie. Insistance sur la démocratie et la reconstruction nationale. Les communistes veulent mettre en œuvre des réformes qui correspondent aux demandes populaires. Réforme agraire et nationalisation des industries. La propriété collective des grandes entreprises est une étape importante dans le communisme.
b. Le temps de l’exclusivisme communiste 1947-1948
Mise n place de la guerre froide. Les communistes s’emparent de la totalité du pouvoir. Par exemple pour le plan Marshall, Staline impose le refus de cette aide pour les pays de l’Est. Ces pays ne sont donc plus libres de leurs choix. Seul le parti communiste exerce le pouvoir. C’est le règne du parti unique. « Tactique du salami » : élections truquées (par exemple la Pologne en 1947), pressions sur les différents partis de gauche pour les faire entrer dans le parti communiste. Et surtout, élimination des opposants, procès politiques, stratégie de la terreur. Par exemple coup de Prague en 1948, les communistes utilisent la légalité et diverses pressions pour imposer leur dirigeant Gottwald. Le parti communiste noyaute la police, ce qui provoque une crise gouvernementale. Des ministres démissionnent. Mais le président va nommer un gouvernement entièrement communiste. Dans les années 1947-1949, on est entré dans une phase d’uniformisation de ces pays et d’obéissance à l’Union Soviétique. Création du KOMINFORM. En 1949, proclamation de la RDA parachève la mise sous tutelle de l’Est.
c. Le temps de la soviétisation totale et de l’épuration 1948-1953
Le schisme yougoslave La Yougoslavie ne fait plus partie des démocraties populaires. Rupture Tito/Staline en 1948. Refuse la mainmise de l’URSS sur la Yougoslavie mais reste communiste. Tito incarne la résistance, il a chassé le nazisme. Le KOMINFORM, prononce comme un tribunal l’exclusion du PC yougoslave. Un modèle concurrent. En 1948, fin du monolithisme dans les pays satellites de l’URSS. La Yougoslavie est un autre modèle. Elle participe au mouvement des pays non-alignés. Expérimentation de l’autogestion. Il y a des conséquences pour les démocraties populaires. En effet, la mainmise de Staline va se renforcer. Le titisme est considéré comme une hérésie, « la déviation nationaliste de droite ». Epuration dans les partis communistes de l’Est. Beaucoup de communistes sont éliminés et remplacés par de nouveaux cadres plus dociles. Ce sont les dirigeants communistes eux-mêmes qui sont victime de ces procès. En 1952, procès Slansky, condamné à mort avec 10 coaccusés. Arthur London, « L’aveu ». Les camps de travail forcé sont aussi installés dans les pays de l’Est.
II. Une soviétisation ébranlée par les révoltes et les stratégies réformistes 1953-1985 1. la déstalinisation fissure la chape de plomb, 1953-1964
1953 : mort de Staline. La déstalinisation concerne aussi les démocraties populaires. Question des novelles libertés ? des nouvelles limites ? juin 1953 : des grèves prennent un tournant insurrectionnel. Il y a des revendications matérielles. Le gouvernement augmente les normes de travail. Les chars russes rétablissent l’ordre. Mais il y aura une hausse des salaires et une amélioration du rationnement. En 1956, XXe congrès du PC, Khrouchtchev dénonce les crimes de Staline. Période du dégel. En Pologne, il y a des grèves pour l’amélioration des conditions de vie, les élections libres, le départ des troupes soviétiques... Le gouvernement envoie la police, crise gouvernementale. Gomulka accède aux affaires en 1956. Il avait été emprisonné pour titisme en 1951. En Hongrie, en 1956, manifestations pour réclamer des changements : départ des troupes soviétiques, changements politiques (élections démocratiques), droits de grève des travailleurs, changements sociaux ( amélioration de la condition ouvrière). I. Nagy accède au pouvoir et proclame la neutralité de la Hongrie. Les chars entrent en Hongrie, il y aura des milliers de déportés et de morts. Il sera remplacé par Rakosi.
La déstalinisation est en marche mais l’ordre soviétique est maintenu. Il y a la dissidence, entrée en opposition ouverte avec le système. Jeunesse étudiante, monde ouvrier et cercles intellectuels.
En 1964, Khrouchtchev est remplacé par Brejnev, les espoir de changement se dissipent.
2. les résistances à l’immobilisme et au néostalinisme (1964-1985) a. écrasement du printemps de Prague
Dubcek, « le socialisme à visage humain » Réconcilier le marxisme avec les droits de l’homme. Donner une souplesse à l’économie, et aller vers le pluralisme et la liberté d’expression. Mais il n’est pas question de quitter le bloc soviétique. Intervention militaire en août 1968, les troupes du pacte entrent en Tchécoslovaquie. Néostalinisme pour Brejnev qui parle de « souveraineté limitée ».
b. l’immobilisme politique malgré quelques évolutions nationales
Exemple de la Hongrie. Dans ce pays, on donne une autonomie aux entreprises, et l’économie planifiée est desserrée. Le niveau de vie est meilleur. Sur le plan politique, élections avec des candidats multiples. En Roumanie, refus du COMECON. Le pays prend ses distances, une orientation dans le domaine de la politique étrangère plus éloignée de Moscou. Se rapproche des capitalistes. Mais le régime de Ceausescu est une dictature sanglante.
c. La crise économique du bloc soviétique 1975-1985
Certains pays de l’Est sont soumis à une double pression : pression union soviétique, dettes qui doivent être remboursées auprès des pays de l’Ouest. Dans les années 1970, plus de croissance quantitative des économies. Ralentissement de l’évolution du niveau de vie. La crise économique s’installe aussi dans les pays de l’Est. Crises sociales et contestations politiques. La charte 77 en Tchécoslovaquie inspirée par Vaclav Havel a pour thème les droits de l’homme. Respect de la charte d’Helsinki. Mouvement légaliste, conscience morale et civique.
3. Crise polonaise, mauvais état des démocraties populaires
Sentiment anti-russe qui va renforcer la haine. La force du catholicisme est une opposition à la Russie. Nouveau pape Polonais, Jean Paul II. Rôle de l’Eglise catholique et nationalisme anti-russe. 1978, élections de Karol Woylila, qui devient pape sous le nom de Jean Paul II. La dette est très lourde et il y a blocage économique. Conséquence, hausse importante des prix. Rapport de forces entre l’Etat et un syndicat, le Solidarnosc, sous Walesa. Il regroupe 10 millions de travailleurs, 1/3 des Polonais. Il a donc une force considérable. Il y a en Pologne deux pouvoirs principaux : le pouvoir légal, sous le PC et le pouvoir de Solidarnosc, pour la défense des droits civiques, des droits sociaux et revendication de souveraineté nationale. Le gouvernement commence à reculer sur des points importants et le syndicat commence à se faire connaître (1980). Accords de Gdansk : reconnaissance de la liberté syndicale, droit de grève et liberté d’opinion. Jawzelsky en 1981 déclenche l’Etat d’urgence, un couvre feu et le contrôle des communications. Il faut reprendre le pouvoir en main mais pas d’intervention de l’armée rouge.
III. La disparition des démocraties populaires 1985-1990 1. Les répercussions de l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev
Si ces régimes disparaissent, c’est que la majorité de la population en les soutient plus à cause de raisons économiques et de non satisfaction des biens de consommation. Egalement le non respect des libertés fondamentales (choisir ses dirigeants, liberté de se déplacer, liberté d’expression ...) et sentiment national. Gorbatchev veut mettre fin à la guerre froide et se rapproche des EU en 1987. Discours à l’ONU : « maison commune européenne ». Il n’est plus nécessaire à l’URSS de maintenir un glacis. En 1988, à la tribune de l’ONU, Gorbatchev annonce que les soldats soviétiques doivent se retirer des démocraties populaires. Elles retrouvent leur indépendance. Ces pays demandent à changer de système. Il y a ceux qui accueillent favorablement la réforme (Pologne ou Hongrie), et ceux qui la refusent (Tchécoslovaquie, Bulgarie ou Roumanie). En RDA, le discours de Gorbatchev est censuré.
2. La mort des démocraties populaires a. la Pologne et la Hongrie inaugurent le renversement du communisme
En Pologne en 1989, il y a des élections multipartites. Gouvernement de coalition Morawieki est un dirigeant non-communiste. Les frontières de l’Autriche et de la Hongrie sont ouvertes et durant l’Eté 1989, beaucoup de gens passent à l’Ouest par l’Autriche. Révolution allemande en novembre 1989 : manifestations massives qui font reculer le pouvoir, liberté de circulation entre les deux Allemagnes, élections libres, chute du mur de Berlin (9-10 novembre 1989). 3 millions d’Allemands passent à l’Ouest. L’Allemagne est réunifiée.
b. L’Automne des peuples
En Tchécoslovaquie > pacifisme, « révolution de velours ». En Roumanie, le passage se fait par la force. Manifestations massives, Dubcek accède à la présidence du parlement. Havel est élu président de la république. Elections libres avec multipartisme. Roumanie, violences la Securitate s’oppose aux manifestants. Ceausescu est arrêté et exécuté avec sa femme après un pseudo procès. Dans tous les pays, phase de transition entre communisme et capitalisme.
Conclusion : Entre 1945 et 1989, c’est l’URSS qui décide du destin de la moitié Est de l’Europe. La disparition des démocraties populaires s’explique aussi par ce qui se passe en URSS (échec des réformes de Gorbatchev). Jusqu’en 1985 la recherche d’une voie originale vers le socialisme ne devait pas franchir certaines imites. Exception de la Yougoslavie. Répression des différents soulèvements : Hongrie en 1956 et Tchécoslovaquie en 1968. 2 facteurs : ces régimes ne satisfont pas les besoins des populations et l’URSS renonce à son glacis défensif. Changement géostratégique dans les années 1980. Disparition des démocraties populaires annonce la disparition de l’URSS elle même en 1991.