
Buonaparte, après Toulon, est nommé chef de l’armée d’Italie. Cette dernière souffre depuis 4 ans dans les Alpes. Napoléon, qui a sauvagement réprimé l’insurrection du 13 vendémiaire, n’avait jamais commandé de façon autonome. Il allait concevoir ses premières tactiques. Le 13 vendémiaire, il écrase sous le feu de ses canons les royalistes levés contre la convention sur les marches de l’Eglise Saint Roch. C’est pourquoi Barras (qui le juge piètre politique), lui donne le commandement de l’armée d’Italie. On pense que Joséphine, proche de Barras, y est pour quelque chose. Mais il n’en est pas moins que Carnot, ministre de la guerre, n’a pas dit non. Mais le front principal se trouve sur le Rhin, et Bonaparte ne devait que faire diversion. Il arrive à Nice le 26 mars, ayant reçu 8000 livres d’or et 100000 francs de traites. Le jour suivant, il rencontre ses officiers, Masséna, Augereau, Sérurier et Laharpe. Ce dernier sera d’ailleurs le seul à ne pas devenir maréchal de France, car il sera bientôt tué. A partir de ce jour ce sera Bonaparte et non Buonaparte. Mais il ne convainc pas tous ses soldats et il n’est pas loin « d’être considéré comme un Jean-foutre ».
La bataille de Montenotte a. La situation Les Français disposent d’environ 40000 hommes sur un effectif total de 102000 hommes. En effet, la majorité de cette « armée d’Italie » est malade, manquant ou en Provence pour le maintien de l’ordre. L’avant garde est sous les ordres de Masséna. La 1ere division est sous les ordres de Laharpe, excellent général. Augereau commande une autre division. Joubert commande une brigade d’Augereau et Meynier commande la seconde division. L’armée autrichienne et commandée par le général Beaulieu, ancien de la guerre de 7 ans, qui est courageux et expérimenté. En 1792, il prit Valenciennes mais maintenant, il est confronté à un général de grande valeur. D’Argenteau et Sebottendorf sont respectivement à sa droite et à sa gauche. De plus, Provera assure la liaison entre les armées. Il y a en tout autour de 40000 hommes. A l’ouest, l’armée Sarde compte 20000 hommes mais aucun commandement commun n’est instauré et donc ne se coordonnent pas. Il n’en est pas moins que les alliés sont plus nombreux que les français (50%) et ont trois fois plus d’artillerie de campagne.
b. 9 avril 1796 Bonaparte va essayer sa grande tactique qui se résume ainsi : « se placer en position centrale, battre l’ennemi en détail ». Un de ses brigadiers, Pijon, manœuvre vers Gênes, faisant croire qu’il veut occuper la ville. Beaulieu réagit alors en allant plein sud pour sauver la ville. Dans le même temps, il voulait menacer les lignes françaises. Argenteau constitue l’aile droite et est à 70 kilomètres de Napoléon, tandis que Provera est près de Colli, 60 kilomètres plus à l’ouest.
c. 10 avril Beaulieu attaque l’avant garde de Laharpe à Voltri, près de Gênes, mais il est tenu en échec. D’Argenteau qui se trouvait au centre, est rappelé pour couper au sud l’armée française qu’on pensait le long de la côte. Au col de Montenotte, il est stoppé par Rampon et ses 1200 hommes. Les 10000 Autrichiens les voient alors se retrancher sur la redoute de Monte Negrino où leur chef leur fait jurer de tenir jusqu’au dernier homme. Il tiendront assez longtemps pour que Napoléon puisse réaliser son plan. Ainsi, en fixant Beaulieu, il peut tomber avec toutes ses forces sur d’Argenteau. d. 11 avril Laissant un rideau de troupes devant Beaulieu, il envoie Augereau et Laharpe sur Montenotte, tandis que Masséna coupe les Autrichiens des Piémontais de Colli.
e. Dernier acte, 12 avril Très tôt, malgré le brouillard, d’Argenteau se rend compte de ce qui se passe car aperçoit les renforts français. Il place deux bataillon devant Laharpe et se rend sur sa droite. Mais Masséna y est déjà et les autrichiens reculent en désordre. D’Argenteau est blessé et les Autrichiens font retraite devait les yeux de Bonaparte (qui est sur Casabianca). Les Autrichiens sont isolés et massacrés. Ils laisseront 25% de leurs hommes. Les français perdent quelques dizaines d’hommes. Les pertes autrichiennes ont de l’ordre de 3300 hommes et 12 canons contre au maximum 800 français dont peu de tués.
Cette bataille est le premier grand succès de Bonaparte mais pas le dernier. Malgré le peu d’effectifs engagés, cette bataille marque le début des guerres napoléoniennes. Le lendemain, il battra Provera et Colli, sans laisser à Beaulieu le temps de les secourir.
Les français remportent ensuite les batailles de Millesimo, Cosseria (capitulation de Provera), Dego, Mondovi (qui permet une paix séparée avec le Piémont), Lodi, Lonato, Castiglione, Bassano, l’entrée dans Milan ... Les Autrichiens sont battus 3 fois et sont obligés d’aller se replier dans leur pays. De plus, le commandement passe de Beaulieu à Wurmser puis, quand il fut enfermé dans Mantoue, à Alvintzy. Ce dernier avec 45000 hommes veut libérer Mantoue où 20000 hommes sont encerclés. Au nord, la situation n’est pas bonne, l’Archiduc Charles gagne contre Jourdan et Moreau ce qui donne confiance aux Autrichiens. Mais la situation n’évolue pas en faveur des français. En effet, ils sont vaincus à Caldiero le 12 novembre et sont menacés d’être entièrement battus. Sur la gauche française, Davidovitch menace de déborder les 8000 hommes de Vaubois qui essaient de se maintenir sur la région de Rivoli. Si le commandant français ne peut empêcher la jonction des Autrichiens, ces derniers seront en position de supériorité numérique et pourront récupérer Mantoue.
LA BATAILLE D’ARCOLE
a. 12 novembre 1796 Après Caldiero, la situation française est mauvaise. De plus, le mauvais temps limite les déplacements. C’est dans ce contexte que Bonaparte prépare son nouveau plan. Le but est de permettre à Vaubois et ses 8000 hommes de tenir pour pouvoir avec 16000 hommes prendre à revers Alvintzy. De ce fait, l’Autrichien devra faire marche arrière. Il faut obliger l’ennemi à engager le combat dans un terrain marécageux où l supériorité numérique joue moins. Vérone est occupée par Kilmaine, officier irlandais de talent, puis 3000 hommes sont prélevés chez Vaubois, en espérant que l’ennemi ne s’en rendrait pas compte. Il passe l’Adige à Ronco et se heurte alors au pont d’Arcole.
b. 15 novembre Pour franchir l’Alpone, il faut faire sauter la défense du pont d’Arcole pour couper la route de Vérone à Vicence où passent les ravitaillements ennemis. Mais Augereau, Verdier et Lannes sont blessés et Verne tué. Ils chargeaient à la tête de leurs troupes. Bonaparte chargea à son tour, mais arrivé au milieu de pont, les Autrichiens ouvrent le feu. L’aide de camp de Bonaparte, Muiron, est tué en le protégeant. Les Autrichiens contre-attaquent tandis que Lannes est à nouveau blessé. Bonaparte tombe à l’eau, c’est alors que les grenadiers contre attaquent pour le dégager. Heureusement pour lui, l’ennemi ne l’a pas reconnu. L’effet de surprise a échoué... Alvintzy, comprenant la menace, ne cherche plus à prendre Vérone et à rejoindre Davidovitch. Il retire ses batteries, et retraverse l’Alpone. Puis la colonne Guieu prend Arcole. Mais les Autrichiens en retraite, la prise n’a plus beaucoup d’importance. De son côté, Masséna contient Provera sur Porcil mais conformément aux ordres de Bonaparte, il repasse le fleuve et retourne sur Ronco. De même, Arcole est évacuée pour éviter de se battre dos à l’Adige.
c. 16 novembre L’armée de Bonaparte se décourage, du fait de la fatigue, tu temps et du froid. Les deux armées se retrouvent vite face à face, Masséna faisant reculer Provéra tandis que Augereau est stoppé devant Arcole. Cette dernière est défendue par Alvintzy lui même. Mais grâce au renforts de Sérurier, les français sont au moins égaux en nombre mais surtout occupent une position centrale.
d. 17 novembre Le but de Bonaparte est de gagner avant que Davidovitch ne défait Vaudois, ce qui impliquerait qu’il faille aller à son secours. Tôt le matin, les français repassent l’Adige grâce à un pont de chevalets. Les Français usent de l’artillerie face à la contre-attaque autrichienne tandis que, pour détourner l’attention, le général Robert (vainqueur de la bastille) attaque le pont d’Arcole. Il y mourra. Les autrichiens, en force, le font reculer mais le général Gardanne attaque sur leurs flancs et les fait reculer. E pont n’est par contre toujours pas pris. Augereau ne progressant pas, Bonaparte utilise la ruse. Il envoie le lieutenant Hercule et 25 hommes sur les arrières de l’ennemi et fait sonner les trompettes. L’ennemi se croit tourné tandis que Vial, rappelé de Legnano avec 800 hommes, arrive sur la gauche Autrichienne. L’ennemi fuit et Brabeck, général autrichien, est tué. Les Autrichiens fuient sur Caldiero, où se trouve Provera, et San Bonifacio. Alvintzy a perdu en trois jours 6000 hommes et, n’ayant pas de nouvelles de Davidovitch, décide de se replier vers Montebello pour se regrouper. Etrangement, Wurmser, encerclé à Mantoue, ne tente pas de sortie pendant les affrontements. Il le fera quand les français reçurent de nouvelles troupes. Mais, Vaubois est refoulé par Davidovitch et abandonne La Corona et Rivoli, donnant ainsi Mantoue aux Autrichiens. Heureusement, la victoire d’Arcole le fait reculer vers le Tyrol. Leur offensive était de la même vouée à l’échec.
La situation de Wurmser devint catastrophique. En effet, les vivres manquent et les hôpitaux sont pleins. Il faut le délivrer, c’est pourquoi les autrichiens envoient une 4e armée sous le commandement d’Alvintzy. Ses armées sont ré équipées et le patriotisme « remue l’esprit public ». Il rassemble ainsi 47000 hommes qui vont descendre du Tyrol. Il va suivre le chemin suivi par Davidovitch et marcher sur Mantoue en basculant les troupes de Bonaparte. Il utilise à son tour la ruse en faisant une manœuvre de diversion. Le but est de faire croire qu’il suivra la route Vincence-Vérone-Mantoue pour que Augereau et Masséna restent dans la région. Bonaparte, qui a reçu 2 régiments d’Infanterie et un de cavalerie, reste sur ses gardes. Un agent secret autrichien a été capturé, qui annonçait à Wurmser qu’il serait bientôt délivré.
LA BATAILLE DE RIVOLI
Augereau se trouve à Legnano, Masséna à Vérone et Joubert à Rivoli. Sérurier encercle Mantoue tandis que Rey est en réserve. Bonaparte, en position central, est informé que Augereau est attaqué à Bévilacqua. Mais il est très malade. Son premier acte est de se demander si il s’agit d’une offensive d’ampleur ou d’une feinte. Il est fixé quand Masséna repousse sans problèmes les ennemis arrivés devant Vérone. DE son côté, Augereau, au sud, informe son commandant le 8 janvier 1797 qu’il y a une forte concentration ennemie devant lui...
a. 10 janvier 1797 Napoléon hésite. Joubert, qui a remplacé Vaubois au nord, annonce que tout est calme. Malgré les appels d’Augereau, Bonaparte attend mais reçoit à Vérone Tolli, espion qui lui livre les plans ennemis. Il comprend alors que l’attaque viendrait contre Joubert. L’espion est alors chargé de dire aux autrichiens que Joubert n’a que 10000 hommes démoralisés.
b. 13 janvier Napoléon avait raison, puisque Joubert l’informe le 13 janvier qu’il a été attaqué par des forces nombreuses et qu’il a dû se replier sur le plateau de Rivoli. Mais Bonaparte a compris la stratégie ennemie. Il faut a tout prix arrêter les Autrichiens qui marchent sur Vérone pour les empêcher de reprendre Mantoue. Ce sera le rôle d’Augereau. Pendant ce temps, Bonaparte rassemble 19000 hommes. Alvintzy dispose de 28000 hommes. Mais Alvintzy compte sur l’effet de surprise...
c. 14 janvier Tôt le matin, Joubert reçoit l’ordre de réoccuper le plateau de Rivoli. Bonaparte l’y rencontrera. A la vue des campements ennemis, on prévoit l’attaque ennemie après 8 heures, ce qui laisse le temps aux Français d’emmener les renforts. Puis, la chapelle San Marco est prise après un dur combat face aux Croates d’Oskay. De ce fait, Bonaparte coupe les ennemis qui se trouvent sur le plateau de ceux de la vallée. Le chef français commande lui même l’artillerie. Le plan d’Alvintzy consiste comme suit : à droite, Lusignan doit attaquer plein sud puis vers Affi pour se rabattre vers l’est et tourner les Français. De son côté, le prince de Reuss doit suivre l’Adige et rejoindre Lusignan pour encercler les Français. Enfin, sur le plateau, au centre, Liptay, Knoblos et Oskay doivent enfoncer Joubert. Après sa victoire, il doit coucher à Vérone et prendre Augereau en tenaille avec Provera. Mais « le réveil va être désagréable ». En effet, rapidement, le chef autrichien sera étonné de la combativité des Français. Il pense que cette résistance est signe de l’arrivée de renforts. Il faut donc attaquer tout de suite. A 7 heures, Liptay attaque sur le mont Tombalora tenu par la gauche de Bonaparte. Le général Sandos est tué et ses troupes reculent. En même temps, au centre, Knoblos attaque la chapelle San Marco tenue par Vial. Les français n’ont plus de cartouches tandis que Quasdanovitch arrive sur leurs arrières. Ce dernier avait descendu l’Adige sous Reuss. Vers 9 heures 30, l’Autrichien se sent vainqueur mais Masséna est là. Il a fait mouvement toute la nuit et rejoint le combat. De son côté, Vial recompose ses bataillons et charge à la baïonnette. Joubert, au milieu de ses troupes voit les ennemis reculer. Vers le milieu de la journée, Leclerc, chef de brigade, charge les Autrichiens et finit de les démoraliser. Ils reculent et c’est bientôt la déroute. Oskay et Knoblos font retraite, suivis de Liptay qui craint d’être coupé. En arrière, Brune a des difficultés mais l’arrivée de Rey retourne le sort. Les autrichiens sont virtuellement détruits et les 1500 hommes qui parvirent à s’échapper sont stoppés par 50 hommes du capitaine René, dans un défilé. La victoire ts complète.
Les autrichiens sont détruits et Alvintzy peut être poursuivi par le seul Joubert et ses 15000 hommes. Avec Masséna, le chef Français part pour Mantoue. Les français marchent et combattent depuis 3 jours et on peut les admirer. Bientôt, il parcourent 60 kilomètres en quelques pour vaincre Wurmser à La Favorite, ce qui l’oblige à capituler. Les français auront « surpassé la rapidité tant vantée des légions de César ».