
LA CAMPAGNE D’EGYPTE
Bonaparte, après ses succès en Italie, voulait couper l’Angleterre des Indes. Il fit peut-être aussi ce voyage car il était trop tôt pour prendre le pouvoir en France. Il partit le 19 mai 1792 avec 35000 hommes, parmi les meilleurs, ainsi que 167 savants et artistes. Leur empreinte sur le pays sera indélébile. Les Directeurs sont soulagés de son départ, Barras le premier, car le général Bonaparte, du fait de ses victoires en Italie, devenait gênant. On ne peut s’empêcher de penser que cette expédition est cher payée, et qu’elle ne sert que Bonaparte (soucieux de sa fortune) et le Directoire (soucieux de garantir sa sécurité). L’escadrille française de 335 bateaux allant du simple navire de commerce au lourd vaisseau de 80 canons, a eu de la chance de na pas croiser, du moins à l’aller, la puissante flotte anglaise commandée par Nelson. En effet, la prise de Malte et le débarquement à Alexandrie se sont faits sans voir une voile ennemie. Bonaparte marche maintenant vers le Caire où Mourad Bey s’est juré de détruire une armée sans chevaux.
LA BATAILLE DES PYRAMIDES, 21 juillet 1789
L’armée française arrive au petit jour en vue de l’ennemi. Le décor est très impressionnant, avec à gauche le Caire, au fond les pyramides. Face à eux, l’armée de Mourad Bey est sur la gauche du fleuve, dont la droite est appuyée par le fort d’Embabeh. Il y a 45000 hommes dont 10000 mamelouks. Ces derniers sont esclaves d’origine chrétienne d’Europe, vendus à des beys (qui ont la même origine). Leur éducation, tournée vers l’armée, fait d’eux d’excellents soldats. Les meilleurs deviendront beys à leur tour. Les Français sont 30000, avec à droite Desaix et Reynier, à gauche Menou et Bon et enfin Bonaparte et Dugua au centre. Quelques jours avant la bataille, à Chebreix, les Français ont affronté une première fois les mamelouks. Ils savent maintenant qu’il faut adopter une formation en carrés. Les carrés sont une parade à la cavalerie. Mobiles, et dont le feu peut être nourri, les trois premiers rangs peuvent se transformer en « colonne offensive ». Le but est d’amener l’ennemi à portée, très près , puis ouvrir un feu dévastateur. Bonaparte voit rapidement que la redoute ne peut protéger de ses canons la gauche ennemie. Il faut donc attaquer là-bas, puis se rabattre pour couper les arrières de l’ennemi. Ensuite, il faudra prendre d’assaut la redoute d’Embabeh. Mais Ibrahim Bey devine les intentions de Bonaparte et décide d’attaquer la droite française. Cette dernière est en train de manœuvrer pour se former en carrés. C’est alors que 8000 mamelouks s’abattent sur Desaix en hurlant. Heureusement, le général fait accélérer le mouvement et lorsque l’ennemi arrive, les français ouvrent le feu. Les mamelouks son fauchés et certains prennent feu. Ne pouvant vaincre, ils se rabattent sur la redoute où se trouvent déjà 2000 mamelouks. Mais la division Dugua passe derrière eux et ils sont pris entre deux feux. Bonaparte ordonne alors à sa gauche d’attaquer vers le fort. Avançant en carrés, Bon et Menou progressent puis à proximité, envoient Marmont et Rampon en colonnes d’assaut. Tous les mamelouks attaquent alors ces colonnes, qui très disciplinées, se reforment en carrés et repoussent l’attaque. Ils ne peuvent rien face à ces « murailles d’acier ». Les mamelouks s’enfuient et c’est la déroute. Mourad Bey, qui tient encore la pleine, décide de fuir avec 3000 mamelouks. Les ennemis perdent 21000 hommes contre 30 tués et 260 blessés français. Quand Bonaparte débarque à Alexandrie, il se rend compte qu’il n’y a pas assez de tirant d’eau pour mettre à l’abri ses gros navires. Brueys devait donc prendre le chemin du retour pour mettre sa flotte à l’abri. Mais sans nouvelles de Bonaparte, il attend des nouvelles. En effet, il craint que les français ne soient rejetés à la mer. Cette initiative va être une catastrophe pour sa flotte ...
LA BATAILLE D’ABOUKIR, 1er août 1798
En prévision d’une attaque anglaise, il s’appuie sur sa gauche sur l’îlot d’Aboukir, et son banc de sable, et place ses navires parallèlement à la côte. Il se sent en sécurité, trop même car n’envoie pas de reconnaissances, ayant pourtant des navires légers et rapides, et laisse quelques uns de ses marins aller à terre. L’arrivée de Nelson est une surprise totale, les anglais avaient 14 vaisseaux et un brick et les français 13 vaisseaux et 4 frégates. Les forces sont donc à peu près égales, 1100 pièces d’artillerie pour chaque camp. Mais les anglais sont mieux équipés et entraînés et surtout au complet. Brueys envoie des hommes sur terre dès qu’il voit l’ennemi, pour récupérer ses marins à terre. Il a deux solutions, ou attendre sur place, ou combattre en sortant de la rade. Malgré Dupetit-Thouars, les Français décidèrent de rester sur place. Cette solution évite des manœuvres difficiles avec un équipage encore néophyte. De plus, la nuit venant, il sera possible de fuir. Mais vers 18 heures, Nelson comprenant que la nuit permettrait la fuite de l’ennemi, les anglais prennent l’initiative. Il décide de tourner les français entre l’îlot d’Aboukir et la flotte de Brueys. La tactique st incertaine car les fonds sont bas et les anglais risquent l’échouage. C’est ce qui arrive au Culloden. Mais d’un autre côté, il sert de repère aux autres navires. Une autre partie de la flotte se met en rang de bataille devant les français, maintenant pris entre deux feux. De plus, les batterie des la côte sont mal approvisionnées et ne sont pas prêtes à combattre. Brueys essaie de rabattre Villeneuve sur les arrières des anglais mais ce dernier ne voit pas les signaux et ne bouge pas. L’amiral français est tué, Dupetit-Thouars est blessé à la jambe puis tué également... La lutte continue la nuit venue, Nelson est blessé mais survivra. L’Orient, navire de Brueys, est en feu tandis que 4 navires français parviennent à fuir. Il s’agit de Villeneuve avec deux vaisseaux et Decrès avec 2 frégates. Ce seront les seuls survivants. Les 11 navires de Brueys seront soir détruits soit capturés. Il y aura chez les français 3000 tués et autant de prisonniers. Maigre consolation, le Généreux capture au sud de la Crête le Leander, chargé de convoyer le butin.
Bonaparte ordonna à sa flotte de partir mais le messager fut tué avant d’arriver. Le 13 août, il apprend la nouvelle mais garde le calme.
LA BATAILLE DU MONT THABOR
En janvier 1799, Bonaparte traversa avec 13000 hommes la Syrie. Il sait désormais que les Anglais soutiennent le Sultan et que ce dernier se reforme et s’apprête à entrer en Palestine. Il faut l’arrêter. C’est pourquoi, les français parcourent 500 kilomètres en un mois, malgré la peste et la chaleur.
a. 19 mars 1799 Les Français sont bloqués devant Saint Jean d’Acre, défendue par Djezzar Pacha. Mais le Caire est menacée, il faut donc prendre la ville, y installer une garnison et ensuite retourner en Egypte.
b. 29 mars Un assaut, puis un second est lancé, sans résultat. De même, une sortie est repoussée. Un des défenseurs, Phélippeaux est un ancien camarade de classe de Bonaparte. Pour reconnaître la région, Junot part pour Nazareth avec 500 hommes. Attaqué à 1 contre 5 par le Pacha de Damas, il se défend courageusement et, après les avoir repoussé, se retranche dans Cana. Bonaparte lui envoie Kléber qui rejoint Junot à Nazareth. Mais ces 2500 Français s’opposent à 30000 hommes avec de la cavalerie. Kléber informe alors Bonaparte qu’il va,n durant la nuit, longer le Jourdain, enfoncer la gauche ennemie et le rejoindre. Il se met en route le soir venu.
c. 16 avril Mais les guides se trompent (peut-être volontairement), et les Français se trouvent face à l’armée turque. L’effet de surprise a échoué et il faut tenir à 1 contre 12. Il se met en carrés et tient sans eau sous un soleil brûlant. Le seul espoir est de clouer les canons et de faire une sortie avec les hommes valides, abandonnant les blessés. Au moment d’appliquer cet ordre, il entend au loin de l’artillerie. C’est Bonaparte. Ce dernier avait reçu le message de Kléber et ramasse tout ce qu’il peut. Il prend avec lui la division Bon, un peu de cavalerie et d’artillerie et marche toute la nuit sans s’arrêter. Arrivant derrière l’ennemi, il voit que la situation est désespérée, et fait tirer ses canons. Kléber reprend courage et les tambours battent la charge. La situation est renversée, les turcs sont pris entre deux feus et la cavalerie fuit. L’infanterie sans appui est massacrée. Murat se porte au pont Yakoub et massacre les fuyards. C’st une victoire incroyable... Kléber aura tenu à 1 contre 12 6 heures.
Mais l’échec devant Saint Jean d’acre redonne aux Anglo-Turcs du courage. Le sultan Khébir rentre dans la capitale en vainqueur avec cortège et cadeaux. Mais sur 13000 hommes, 5000 ne sont pas revenus... Les Anglais ont du mal à la convaincre d’attaquer de nouveau.
LA SECONDE BATAILLE D’ABOUKIR
Bonaparte échoua donc devant Saint-Jean-d’Acre et son retour sur le Caire donna de nouveau confiance aux Anglo-Turc. Mais malgré le fait que les Français ( Commandés par le sultan Khebir, nom donné par les Egyptiens à Bonaparte ) paradent vainqueurs dans la capitale, avec cadeaux, cortège et fêtes, tout le monde sait que 5000 hommes sur 13000 ne sont pas revenus de l’expédition de Syrie. Tout le monde sait également que la fortune a pour le moment changé de camp, puisque les Anglais n’ont pas de mal à convaincre le Sultan d’attaquer à nouveau.
a. 11 juillet 1799
18000 hommes débarquent à cette date, protégés par une flotte anglaise. Ils attaquent le fort tenu par le chef de bataillon Godart avec 3 pièces de canon. Il demande alors l’aide du général Marmont qui est à Alexandrie. Ce dernier lui envoie 300 hommes pour tenir jusqu’à la venue de l’armée de secours. Très rapidement, les français sont encerclés par 10000 hommes avec de l’artillerie. Les janissaires attaquent de toute part et désespérés, les français se font sauter. Marmont avec 1200 hommes, jugeant la victoire impossible, se replie. Les turcs s’installent sur la presqu’île d’Aboukir en attendant Mourad Bey. Ce dernier, revenant de haute Egypte avec sa cavalerie, cherche à reconquérir le pays. Mais c’est sans compter Bonaparte qui rassemble toutes les troupes disponibles et part en direction d’Aboukir. Il emmène Lannes, Rampon et Murat. Il prévient également Kléber et Reynier. Quant à Desaix, il doit quitter la haute Egypte car sa position devient risquée.
b. 25 juillet
A cette date, Bonaparte rassemble ses troupes à Birket, entre Aboukir et Alexandrie et accuse Marmont de n’avoir pas attaqué les Turcs pendant leur débarquement. Rapidement, il se renseigne sur les positions ennemies e avance avec 7700 hommes. Au début, il veut attendre les renforts mais voyant que les anglais n’ont toujours pas débarqué, et que la première ligne turque est exposée, il décide d’attaquer puis de ne recevoir les renforts qu’après la première poussée. Le camp turc est dans le village d’Aboukir, tandis que leur ligne de défense est 2 kilomètres en avant. La droite est appuyée sur la dune dominant le lac Madieh et la gauche sur une dune le long de la mer. Les deux dunes sont tenues par 2000 hommes et la ligne qui les relie par 2000 hommes. La seconde ligne est plus solide et facile à défendre. La stratégie de Bonaparte consiste à attaquer avec Lannes à droite, Lanusse à gauche. Murat avec des éléments de Destaing (général) et sa cavalerie attaquera au centre et tournera les deux ailes turques. Davout et 3 escadrons occupe la ligne de communication avec Alexandre. Davout formera à son arrivée la réserve. Les Français marchent deux heures puis se rangent en ordre de bataille. Les canons tonnent, les Français partent à l’assaut des dunes puis Murat les prend à revers. Les Turcs fuient en désordre jusqu’à la seconde ligne. Les Turcs sont donc enfermés à Aboukir. La première phase du plan a réussi. Mais face au désarroi ennemi, Bonaparte décide d’exploiter sa victoire à son avantage. Voyant que le point gauche turc est faible, il décide de le prendre à revers avec une batterie d’artillerie. En effet, sous le déluge de feu, les Turcs reculent en laissant un trou de 400 mètres à travers lequel Murat envie sa cavalerie, et l’infanterie de Lannes. Les Français marchent sur les retranchements, puis les Turcs marchent à leur rencontre. Cette fois, c’est l’artillerie ennemie qui fait reculer les Français. Mais les Turcs ont l’habitude de couper la tête de leurs ennemis. Dès le retrait Français, ils s’élancent sur les cadavres. Les Français indignés et désireux de se venger attaquent les Turcs et débordent les ouvrages. Murat lance alors une attaque, perce les lignes turques, les prend à revers. Murat lui même arrive en personne devant le Pacha et le blesse à la joue d’un coup de pistolet. Les Turcs sont massacrés en cherchant à re joindre la mer. Même le commandant de la flotte anglaise, Sydney Smith, manque d’être capturé. Kléber arrive en retard mais juste à temps pour féliciter Bonaparte. « Général, vous êtres grand comme le monde ».