
La stratégie de l’OTAN après 1967 est appelée « riposte graduée ». Cette formule prend en compte l’association entre armes nucléaires et conventionnelles. Mais surtout cela souligne une stratégie de flexibilité. Dans un premier temps, il faudra tenir en échec l’ennemi avec les forces conventionnelles. Si les forces alliées sont tenues en échec, il pourra y avoir recours à la bombe pour consolider les positions de l’OTAN autant que pour brandir la menace d’une guerre nucléaire. En cas d’échec, il faudrait utiliser des rames nucléaires plus puissantes. Finalement, après une étape de guerre limitée entre les superpuissances, il y aurait une étape de guerre nucléaire généralisée. Le principe de riposte graduée a pour objectif d’éviter autant que possible la guerre généralisée. Il faut régler les conflits en évitant la menace extrême. L’ascension vers la violence finale doit se faire par des paliers, une gradation de la riposte . Il y a trois paliers selon la doctrine officielle : la défense directe, l’escalade contrôlée et la guerre nucléaire généralisée. Si la défense directe échoue et que la défaite est immédiate, alors il faut élever la pression vers l’escalade contrôlée. Il s’agit de faire une démonstration de force. Mais il reste à savoir si l’URSS ripostera. La première attaque nucléaire se fera probablement sur les forces de l’adversaire, puis sur les objectifs militaires majeurs. L’utilisation des ANT doit être « une manifestation militaire éloquente de la détermination de l’OTAN. Mais il faut faire en sorte que l’escalade reste « contrôlée », ce qui est assez difficile.
La défense du front Centre-Europe : Au début de la guerre froide, les forces alliées pouvaient se replier à l’ouest du Rhin si elles ne pouvaient contenir l’ennemi. Une fois la ligne du Rhin percée, il faudrait user de l’arme nucléaire. Après l’introduction des ANT, il fallait tenir la position à tout prix, tandis que les ANT ouvraient le feu. Par la suite, avec la doctrine de riposte graduée, les forces conventionnelles auraient la responsabilité de la première phase de l’affrontement. Ensuite, la guerre sera soit terminée soit nucléaire. La défense se fera de façon avancée et prévoit des contre attaques locales. Enfin, dans les années 1980, le progrès permet de frapper l’ennemi sur ses arrières. C’est la doctrine FOFA, attaque des forces d’exploitation et de remplacement qui prévoit d’étendre la zone de combat au territoire ennemi.
La confiance des occidentaux quant au parapluie atomique américain a été renforcée en 1967, quant au sein de l’OTAN, le Groupe de Planification Nucléaire a été créé pour augmenter la participation des alliés à l’étude des questions nucléaires et de la planification de l’emploi des armes atomiques. L’utilisation initiale des ANT a été définie par le GNP. C’est le pari de la dissuasion nucléaire ... Il faut décourager l’ennemi de franchir le cap entre guerre classique et nucléaire.