Le monde d’hier à aujourd’hui

Deux cuirassés de poche

jeudi 2 juillet 2009 par G. Sevin

SECONDE PARTIE LES CUIRASSES DE POCHE GRAF SPEE ET DEUTSCHLAND DANS L’ATLANTIQUE

Début septembre, le Graf Spee et l’Altmark font route au sud, au milieu de l’océan Atlantique, tandis que le Deutschland reste au sud du Groenland. Le 3 septembre, le commandant du Graf Spee, Hans Langsdorff, reçoit l’ordre de se considérer en guerre. Malgré cela, les navires de commerce français ne doivent pas être attaqués. Cet ordre est dangereux, en effet, aperçu par un navire français, sa position pourrait être révélée aux britanniques. Le GS et l’Altmark devaient aller vers leur secteur d’attaque, à 500 nautiques à l’ouest de Freetown. Le 5, les ordres étaient les suivants :
- il ne faut pas attaquer les navires à passagers
- il ne faut pas faire d’opérations, car les alliés sont en situation de « wait and see ».
- du fait de la suspension des mouvements des navires marchands, les possibilités d’opérations fructueuses sont réduites.
- Les opérations de guerre contre le commerce ennemi doivent donc être réduites, les cuirassés de poche doivent s’éloigner largement vers l’Arctique, l’Atlantique sud ou l’océan indien. De plus, il faut faire silence radio.

Langsdorff décida donc de faire route vers l’Atlantique sud. Le 8 septembre, l’équateur fut franchi et une cérémonie de passage eut lieu. Le 10 les deux bateaux étaient entre les îles Ascension, Saint Hélène et l’île de la trinité. La position des navires doit être secrète. Le capitaine fit peindre Admiral Scheer sur la coque. Le 27, après s’être ravitaillé, le Graf Spee fit route vers le Brésil.

I. Premières victimes

Les restrictions tombèrent les unes après les autres avec le temps, le 30 seule restait l’interdiction d’attaquer les navires de transports civils. Le même jour, il attaqua le SS Clement, vieux cargo anglais de 5000 tonnes. Pensant qu’il s’agissait de l’Ajax, l’équipage se mit en grande pompe. Bientôt, un avion mitrailla le bateau, tandis que le cuirassé bombardait à coup portant le pauvre navire. Héroïquement, la radio signala l’agression et les documents confidentiels furent détruits. Langsdorff ne put s’empêcher de s’adresser au capitaine du Clement, Harris, lui demandant l’utilité de cette guerre. Puis, deux torpilles manquèrent le pauvre navire, alors c’est l’artillerie lourde du Graf Spee qui termina la besogne. Finalement, Langsdorff appela une station brésilienne pour que les hommes du Clement soient sauvés, sachant que le navire avait lancé un SOS et l’avait signalé. Le soir venu, il arraisonna le bateau grec Papalemos et lui passa les deux officiers anglais.

II. Instructions aux navires attaqués

Le 5 octobre, au nord de Sainte Hélène, le bâtiment arraisonne un petit navire de 4000 tonnes qui va de Capetown à Freetown avec du maïs. Le capitaine du Newton Beech, croyait être en présence d’un navire français, Langsdorff arborant un drapeau tricolore. Dans le navire, il découvrit les codes relatifs aux navires attaqués. En cas de rencontre avec un raider, il fallait émettre trois fois RRR, d’un SM SSS et d’un avion AAA. Ensuite, donner la position, le nom de l’ennemi, son type, son armement. Tous les navires qui recevaient ce message devaient le relayer, en code, aux bâtiments de guerre, qui répondaient en commençant pas CT. La radio du navire avait envoyé RRR, qui a été entendu par le croiseur Cumberland. Quelques jours avant, le croiseur est passé à coté des deux navires Altdorf et Graf Spee qui se ravitaillaient mutuellement. Les allemands gardèrent le Newton Beech un temps, puis le détruirent par bombes à retardement le 9 octobre. Le 7, les anglais ont assisté à la destruction de l’Ashlea, qui transportait du sucre.

III. La chasse commence

Ce n’est que le 4 que l’amiral sir Dudley Pound connut la présence d’un raider dans l’Atlantique Sud, quand 13 survivants du Clement furent recueillis par le Itatingo, navire brésilien. Pour chasser le Graf Spee, on constitua 8 groupes de combat, pouvant détruire un cuirassé de poche. La composition était la suivante : f. Berwick, York en Amérique du nord et dans les Antilles g. Cumberland, Exeter, plus tard Ajax et Achilles sur les côtes d’Amérique du nord h. Sussex et Shropshire au cap de bonne espérance i. Cornwall, Dorsetshire, Eagle à Ceylan j. k. Renown, Ark Royal à Pernanbouc l. Dunkerque, 3 croiseurs français et le Béarn à Brest m. Deux croiseurs FR lourds à Dakar n. Strasbourg-Hermes aux Antilles

Même Churchill s’étonna devant la disproportion de cette traque. Il fallait en outre détruire les ravitailleurs allemands. On retarda également certains convois. Les alliés disposaient de nombreux ports alors que les allemands n’étaient ravitaillés que par l’Altmark et le Westerwald, qui devaient faire l’aller retour avec l’Allemagne.

IV. Les codes secrets

L’Huntsman était un cargo de 8300 tonneaux qui transportait 10000 tonnes de tapis indiens, de gomme arabique et de thé de Ceylan, soit une cargaison très importante. On lui avait fait faire le tour de l’Afrique pour éviter la méditerranée en raison de cette importance. L’équipage était constitué de 16 marins britanniques et 67 Indiens. Le capitaine, Brown, ne fut pas surpris en voyant le pavillon français, puis vint la svastika. De plus, le navire allemand émit « stoppez émission ou je vous coule ». L’équipage n’a pas pu détruire les codes. Pour brouiller les pistes, les allemands envoyèrent un faux message accusant des SM. Heureusement, le message ne fut jamais capté et la traque continua. Le navire capturé devait suivre le Graf Spee jusqu’à l’Altmark. Anecdote, le comandant de l’Altmark croyait aussi à un cuirassé allié et prépara le sabordage. Finalement, ils prirent les marchandises, soit 80 millions de marks. ‘équipage prisonnier fut également transféré. Le navire allemand fut également informé que le Strasbourg avait quitté Brest pour Dakar. Le 17, les allemands déchiffrèrent le code anglais et purent comprendre les communications anglaises. Le même jour, le Huntsman fut coulé. Le 22 octobre 1939, le Trevanion fut coulé. Au cours de cette attaque, on peut noter le courage du commandant qui continua à transmettre son RRR sous les tirs allemands. Langsdoff devait citer ce courage dans le tableau de bord, et courtoisement, serra la main du capitaine Edwards. Le 28, une fois de plus, le Graf Spee ravitailla devant Tristan de Cunha et passa ses prisonniers à l’Altmark. Le 29, Langsdorff remit la croix de fer à une centaine de ses marins. D’un côté, les marins étaient fiers d’avoir mobilisé une telle armada, et d’un autre, ils étaient déçus car ces navires de commerce ne méritent pas un tel armement. L’équipage voudrait affronter on vrai navire de guerre. Mais le GQG allemand ordonna de fuir devant les bâtiments de guerre anglais.

V. Le Deutschland

Tout comme le Graf Spee, le Deutschland devait détruire le commerce allié et semer la terreur dans les rangs alliés. Son action devait semer le désordre. Le Deutschland avait atteint le sud du Groenland le 31 août, où il fut ravitaillé par le Westerwald. Il fit ensuite route vers le sud. Le 2 octobre, il fit route vers les USA, au bord de la ligne de neutralité américaine, où il coula le Stonegate. Il fit route ensuite vers Terre-Neuve et vers le 14 octobre, il coula le Lorentz W Hansen, navire norvégien. Il faut noter que les survivants dénoncèrent le navire le 21. Du 17 au 1er novembre, il resta au sud du Groenland, pour se faire oublier, dans une zone déserte. Le 1er le QGQ ordonna au Deutshland de rentrer en Allemagne. Il arriva le 15 novembre, passant au nord de l’Islande. Il aura coulé seulement 7000 tonneaux.

Les cuirassés de poche étaient une menace permanente pour les alliés. Aucun convoi n’était suffisamment armé pour les affronter. Seuls les SM les tenaient à distance. Ainsi le Surcouf sauva-t-il le KJ-2.

VI. Le Surcouf

Début septembre, le Surcouf arriva à Fort de France. Le capitaine reçut immédiatement l’ordre de protéger le KJ2 Kingston-Angleterre. Le 15, le KJF1 avait quitté ce port. De nombreux bateaux attendaient ce SM, dont le Emile-Miguet de 14115 tonnes qui portait 20000 tonnes de pétrole. Deux convois devaient partir, le KJF 3 rapide, sans escorteurs et le KJ2, protégé par le Surcouf. Noter que l’EMiguet était n navire rapide, incorporé à un convoi lent. Il y avait aussi le Bretagne de 10000 tonnes et des cargos. Le convoi partit le 26 septembre Ce convoi est une prise de choix, constitué de pétroliers. Mais le Deutschland n’attaque pas, malgré les fumées du convoi qui sont visibles au loin. Mais le HC allemand qui suivait à la trace ce submersible, renseigna les cuirassés de poche. Le 6 octobre, du fait d’intempéries, le convoi est dispersé, mais le lendemain, un à un, les navires se rallient, sauf le Emile Millet. Ce dernier avait voulu faire route seul et a été envoyé par le fond.

Le SM ne rejoindra son port, Brest, que le 19 octobre, après 7 mois. Il fut coulé par erreur le 18 février 1942. Voir histoire du Surcouf (mettre lien).

VII. Les épouvantails

Début novembre, le Whitehall, qui suivait les cuirassés de poche les avait perdu. Il fallait donc faire appel aux français. Le 6 novembre, il reçut l’ordre de faire l’épouvantail avec ses 4 SM (Casabianca, Sfax, l’Achille et le Pasteur). Le 25, les français arrivent à Halifax, rejoints le lendemain par les SM anglais. C’étaient de gros mouilleurs de mines de 2000 tonnes (Seal, Cachalot, Narwhal et Porpoise). Le vice Amiral Holland reçut les officiers français à bord du Hood. Le chef du convoi, à bord du Revenge organisa ses troupes. On décida de répartir ces gros navires de 10000 tonnes en 9 colonnes de 5 navires. Seule la première section, le Casabiance et le Sfax, feront partie du HX 11, à 9 nœuds. Les SM Seal et Cachalot suivront avec le HXF 11. Puis le Pasteur avec le HX 12 et l’Achille avec le HXF 12. De son coté, le Revenge, recueille les égarés. Bientôt, le temps sera mauvais et la vitesse baissera. Le 10, l’eau envahira le Casabianca par l’arrière du kiosque. Il faudra marcher en moteur électrique et écoper. Il restera 5 jours seul, et craignait d’être pris pour un allemand. Le 16, il rejoint enfin le convoi. De son côté, le Sfax qui avait aussi perdu le convoi, le retrouva le 15 décembre. Le convoi se disperse et le Revenge va en chercher un autre... Le Seal et le Cachalot partirent après avec le HXF 11, les deux SM perdirent le convoi, seul le Seal devait le rattraper. Le 9 partirent le Pasteur et l’Achille. La glace recouvrit les kiosques. L‘Achille convoya le HXF 12 de 10 cargos et arriva à Brest le 22 décembre. Le convoi HX 12 de 35 cargos partit avec le Pasteur, mais endommagé par le mauvais temps, le SM rejoint péniblement Brest le 27 décembre. Début 1940, tous les navires se retrouvent à Laninon. On se rendit compte que malgré leur courage, les SM n’étaient pas faits pour jouer le rôle de chiens de garde, surtout en hiver. Une dernière tentative fut faite avec la 4e division des 1500 tonnes, mais les résultats ne furent pas meilleurs.

VIII. Retour du Graf Spee

Après une mission de 15 jours dans l’océan Indien, au sud de Madagascar, où il coula le 15 novembre l’Africa Shell , le Graf Spee retournait dans l’Atlantique. Les 19 et 20 novembre, les Roaring Forties secouèrent le navire. Il y eut beaucoup de malades, à la grande joie de Patrick Dove, capitaine de l’Africa Shell. Du 23 au 28, on modifia l’apparence du navire, rajoutant de faux 280 en bois, pour le faire ressembler à un navire anglais. On construisit aussi une seconde cheminée. C’était maintenant la copie conforme du HMS Renown. Il fit peindre sur le navire « Deutschland » et « Admiral Scheer ». Le 26 novembre, il rencontrait l’Altmark et ravitailla. Les ordres sont simples « L’ennemi ne doit acquérir aucun succès de prestige par la destruction rapide d’un cuirassé de poche ». Il y avait une certaine honte à attaquer des navires marchands avec des 280 mm. Le Graf Spee allait retourner en Allemagne sans « baptême du feu ». Est-ce qu’e l’on tiendrait compte de l’humanité dont Langsdorff fit preuve au cours de ses agressions ?

IX. Diversion

Le 23 novembre , on apprit que le croiseur auxiliaire Rawalpindi avait été coulé dans l’Atlantique. On pensa tout de suite au Deutschland. Que peut donc faire un navire de patrouille contre un cuirassé de poche. On apprendra plus tard qu’il s’est défendu vaillamment. Ce fut le branle-bas de combat :
- le Warspite quitta un convoi d’Halifax
- le Repulse et le Furious partirent d’Halifax
- Le Hood quitta Plymouth Ils étaient suivis par le Dunkerque, le Southampton, le Sheffield, le Norfolk et le Suffolk. Le croiseur anglais Newcastle se dirigea vers le lieu du combat et aperçut deux navires. Ce n’était pas le Deutschland mais le Scharnhorst et le Greisenau. Le but des allemands était d’attirer les anglais loin du Graf Spee. Finalement, les allemands profitèrent du mauvais temps pour rejoindre Wilhelshaven. Une mine magnétique de l’U31 endommagea ensuite le Nelson. L’amiral Forbes reçut à ce sujet Churchill à Greenock.

X. L’Erreur de Langsdorff

Le 2 décembre, sur le chemin du retour, Langsdorff espère couler quelques navires. La visibilité était excellente et le télémètre du navire portait à 80 kilomètres. Puis on aperçoit une fumée à 52 kilomètres. Langsdorff ordonna d’ouvrir le feu. Deux obus touchèrent le navire, avant même que l’équipage ne put voir le Graf Spee. Le Doric Star lança un RRR alors que le Spee leur ordonna de cesser d’émettre. Trop tard ... Les allemands envahirent le navire, récupérèrent 19 lingots d’argent sans prêter attention à la nourriture. Les allemands cherchèrent alors un de leurs Arados qui était en panne. Le Doric Star fut achevé d’une torpille. Le 3 décembre, le Graf Spee coulait le Toiroa, qui avait eu le temps d’utiliser sa radio. Du 3 au 6, le navire continua vers l’ouest, recevant de temps à autre des messages sur la localisation des navires alliés. Le 6, on ravitailla pour la dernière fois et on sépara les maris en deux groupes. Les capitaines et officiers mécaniciens resteraient à bord, les marins et subalternes iront à bord de l’Altmark. En annexe, la fin de l’Altmark.

Le 2 décembre, le navire Port Chalmers intercepta le RRR du Doric Star et le retransmit. De ce fait, Whitehall qui n’avait plus de nouvelles du Graf depuis le 16 novembre, retransmit ces renseignements aux forces navales et au commodore Harwood. Harwood commandant à la déclaration de guerre la South American Division et était à bord du croiseur Exeter. L’Exeter et le Cumberland se trouaient à Port Stanley en décembre. Dans ce port, le 8 décembre, on allait fêter la destruction de la flotte de l’amiral Graf von Spee en 1914 ... L’Achilles, autre bâtiment de la SAD se trouvait en face de Rio tandis que l’Ajax allait vers Rio de la Plata. Tous ces secteurs pouvaient être attaqués par le cuirassé de poche. Le 3 décembre, on localisa le Graf Spee à 170 nautiques SO de l’épave du Doric Star. A 15 nœuds, les allemands pouvaient atteindre Rio de Janeiro le 12, Rio de la Plata le 13 ou les Falkland le 14. Il faut donc rassembler les navires avant que l’ennemi n’arrive. Les ordres furent donnés :
- le Cumberland, en révision, partira sur deux hélices au lieu de 4
- l’Achilles quitte Rio pour Montevideo
- l’Exeter partira des Falkland pour Rio de la Plata ...

Toute la flotte fut mise en alerte grâce au courage des équipages qui ont lancé leur RRR.

Langsdorff hésitait entre les deux Rio. Le 7 il rencontra le Streonshaln qui ne put signaler sa position. On repêcha un paquet (sur 3) contenant les routes des navires de commerce alliés. Il décida donc d’aller sur Rio de la Plata, après avoir coulé le navire. Le Graf Spee n’a au final jamais rencontré de convoi allié et n’a coulé que 50000 tonnes. Mais différents renseignements alliés et allemands l’envoyèrent vers les anglais... où ils l’attendaient.

XI. La rencontre finale a. l’Exeter mis hors de combat Le 12 décembre, trois croiseurs britanniques se rejoignent au point de croisement de beaucoup de convois. Harwood donna ses ordres à l’Ajax, à l’Achilles et à l’Exeter. Il fallait attaquer pas surprise le cuirassé de poche pour le détruire en passant sur ses arrières. Ils se séparaient en deux en exercice, l’Exeter d’un côté et les autres de l’autre. Le Graf Spee, retardé par le ravitaillement, faisait route en plein sur les anglais ... L’affrontement est inévitable. Le 13 décembre au matin on vit quatre mats au loin, on pense à un convoi. En réalité, c’est un croiseur de type Exeter avec deux destroyers. On pense que ces unités protègent un convoi. Puis, on s’aperçoit que ce ne sont rien que l’Ajax et l’Achilles. De plus, un problème empêchait la tourelle A de tourner. C’est très grave. Heureusement, on arrive à la réparer et les trois canons peuvent tirer rapidement. Pendant ce temps, l’Exeter signale à l’Ajax la présence de ce qu’il pense être un cuirassé de poche. A 20000 mètres, les allemands ouvrent le feu. Les anglais ripostent et l’escadre se déploie pour disperser les tirs de l’allemand, plus puissant, mieux blindé mais moins rapide. De plus, l’Achilles est équipé d’un ordinateur de tir, une révolution qui rend son tir précis. Bientôt, le Graf tire avec son artillerie lourde sur l’Exeter et avec son artillerie légère sur les autres bateaux. Une troisième salve touche l’Exeter, détruisant le centre du navire et le tube lance torpille tribord, les transmissions et les avions. L’Exeter répond par huit salve mais un obus touche la tourelle B du navire, et le capitaine quitte la timonerie. Encore deux impacts de 280, puis c’est le tous de l’Ajax qui est touché trois foix. Mais les tirs de l’artillerie moyenne, top courts, sont inefficaces. L’Exeter fonce vers l’ouest pour utiliser son autre tube lance torpille, mais le Graf fuit sous couvert d’un nuage de fumée. Mais l’Exeter se rapproche de l’allemand et reçoit encore deux coups, détruisant la tourelle avant et le poste des sous-officiers. La soute aux 105 est inondée. Puis l’Achilles est touché. Bientôt, l’Exeter est hors de combat, deux tourelles sur trois sont inutilisables, la troisième n’a plus qu’un seul canon, qui tire au « jugé ». Le Graf continue à émettre de la fumée artificielle et continue sa route vers Montevideo. Mais l’Exeter, qui s’est enfoncé de 90 cm, continue à tirer et les tirs allemands commencent à manquer de précision.

b. La charge de la première division

Harwood voyant la destruction de l’Exeter, ravagé par les 280 mm. C’est alors qu’il décide de se rapprocher. Le GS émet encode de la fumée et touche trois fois l’Ajax à 10 kilomètres, tir remarquable. Mais le tir des anglais devient dangereux, alors Langsdorff, blessé, lance un écran de fumée. Puis il perdit connaissance un instant, ruisselant de sang. Les anglais se rapprochent encore, sans cesser le tir, et quelques obus font mouche. Un incendie éclate au centre du Graf. A 7h25, un 280 à retardement traverse les superstructures arrières de l’Ajax, détruisant ou avariant deux tourelles. Les dégâts sont irréparables. A 8500 mètres, l’Ajax lâche 4 torpilles, que le Graf évite.

Le Graf Spee était gravement atteint, surtout car l’artillerie légère n’était par protégée. Mais il conserve sa puissance et sa mobilité. A 7h 38, Harwood était à 7 kilomètres de l’ennemi, il ne reste que 20% de munitions et les dégâts sont importants, un dernier obus détruit les radios de l’Ajax.

c. La poursuite

Les anglais, conscients de la puissance du navire allemand, commencèrent à le suivre, à 20 kilomètres environ, en l’encadrant. De son côté, l’Exeter part vers les Falkland. Les pertes sont énormes :
- 5 officiers, 56 hommes tués pour l’Exeter
- 35 hommes, un officier et 60 blessés pour les allemands.
- 7 hommes pour l’Ajax
- 4 pour l’Achilles

Les dégâts sont très importants pour tous les navires.

Peu de temps après, l’allemand torpille le Shakespeare, tout en économisant les munitions. Mais il appelle les anglais pour leur signaler et pour qu’ils sauvent les hommes. Erreur, car il signa Graf Spee, et maintenant, les anglais savent à qui ils ont affaire.

Au moment où le Graf Spee entre dans les eaux de Rio de Plata, l’Ajax ouvrit le feu, sans conséquences. Mais il sait que le cuirassé peut faire demi tour et manœuvrer car les eaux sont profondes. Puis, Langsdorff appela Reader et lui signala qu’il allait vers Montevideo. Mais le choc de ses blessures l’empêchaient de réfléchir et de garder son calme. Il rencontra un navire neutre puis jeta l’ancre devant Montevideo. Les prisonniers anglais du navire étaient fiers et apeurés ... mais Langsdorff leur signala qu’ils seraient libres le lendemain.

d. Le fin

Selon les conventions de la Hayes, un navire belligérant ne doit pas séjourner plus de 48 heures dans un port neutre, sauf si les réparations l’imposent. Après ce délai, le navire doit être désarmé. Le gouvernement uruguayen ne pouvait refuser car des anglais avait déjà été autorisés à passer ces 48 heures dans ce port. Mais le Graf Spee gardait toute sa puissance. Pour Langsdorff, 48 jours ce n’est pas assez, et aucune aide ne pourra venir de ce port. Mais ils ont envoyé des experts dans le bateau pour estimer les dégâts, puis par décret, décidèrent de lui accorder 72 heures, car la coque était trouée en plusieurs points. Langsdorff aurait donc jusqu’au 17. Bien sûr les anglais n’étaient pas satisfaits... Mais plus, on décida de laisser le navire à Montevideo encore 5 jours, pour laisser le temps au Renown et à l’Ark royal de rallier le port. Les allemands enterrèrent leurs morts en grande pompe pendant que les uruguayens voulaient se débarrasser le plus possible du gêneur. De son côté, Reader craignait la colère du Führer. En effet, le Graf Spee serait bientôt capturé ou détruit, comme lui télégraphiait le navire. On lui répondit qu’il devait prolonger son séjours par tous les moyens, qu’il pouvait engager le combat su nécessaire et qu’en cas de besoin, il fallait saborder le navire. Puis Reader donna l’ordre d’appliquer les instructions deux et trois. Il fallait détruire entièrement le navire. En effet, il serait attaqué par les 380 du Renown et par les avions de l’Ark Royal, plus le Cumberland. Si il fuyait, les anglais captureraient le navire et le répareraient pour le propagande.

L’équipage fut transféré vers le Tacoma, navire allemand. Trop tard, il apprit que le Renown et l’Ark Royal étaient à Rio de Janeiro. Vite, on entendit six explosions, et le restes déchiquetés du navire s’enfoncèrent dans les eaux.

Les hommes de Langsdorff furent fait prisonniers en Argentine, où la plupart s’évadèrent et certains purent rejoindre l’Allemagne après bien des aventures. Ils embarquèrent sur de nouveaux navires.

BILAN DE 4 MOIS DE GUERRE

Les pertes, victoires, rendements, la production ont été soigneusement relevés. On en tirait des enseignements qui modifiaient la tactique. Mais si il était facile de connaître ses propres pertes, il était moins aisé de connaître celles de l’adversaire. Il était intéressent de calculer le rendement mensuel des SM. Il fallait tenir compte des U-Bootes en service. Donitz avait toujours les yeux fixés sur les tableaux de ses pertes, ses entraînements ...

Les anglais ont remarqué que 6% des navires en convoi étaient perdus contre 15% des navires isolés. Il fallait savoir si ces pertes étaient l’œuvre des mines, de la Luftwaffe ou des navires. Mais les conclusions sont les suivantes :

a. les U-Bootes dans l’Atlantique Donitz avait envoyé tous ses grands SM dans l’Atlantique. Les alliés étaient surpris et ils perdirent plus de 50 navires par mois. Octobre a vu l’extension du conflit à Gibraltar et aux côtes du Portugal. Mais ensuite, il fallait rappeler les SM pour ravitailler et reposer les hommes.

b. Autour de la GB Les pertes autour des côtes de la GB ont été plus importantes que dans l’Atlantique, mais les victimes étaient des caboteurs majoritairement.

c. Les mines Les allemands avaient perdu 9 SM, comparé aux pertes infligées aux alliés. Mais le pas de Calais était infranchissable. Les Français et Anglais ont mouillé des mines et l’U12 et l’U40 avaient été coulés. Il fallait don faire le tour de la GB, ce qui allongeait le temps de transit. De plus, les anglais ont trouvé une parade aux mines.

d. Manque de SM Donitz manquait cruellement de SM pour affamer le RU.

En effet, si le nombre de SM aurait été de 300 au début de la guerre, le ravitaillement aurait été interrompu. Les navires alliés n’avaient souvent que des canons périmés. e. Les raiders

Les raiders allemands ont infligé de lourdes pertes aux alliés, plus de 50000 tonneaux. Ces pertes étaient insuffisantes étant donné la valeur de ces unités mais ils ont mobilisé une grande partie de la flotte alliée. Reader comptait encore sur ses autres navires . La perte du Graf Spee était une catastrophe et cela ne devait plus se reproduire. Mais la production navale allemande était handicapée car elle mettait en avant les matériels terrestres, qui serviront notamment en Russie.

f. L’aviation La Kriegsmarine ne possédait pas d’aviation propre pour ses reconnaissance, alors que la coordination commençait à naître chez les anglais.

Mais Hitler aimait la guerre marine, et en général la guerre contre l’Angleterre, comme le montrent ses nombreuses directives à Reader.


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