Le monde d’hier à aujourd’hui

L’âge d’or des U-Bootes

jeudi 2 juillet 2009 par G. Sevin

LA BATAILLE DE L’ATLANTIQUE (juillet-octobre 1940) L’AGE D’OR DES U-BOOTES

Début janvier, les U-Bootes n’agissaient pas dans les Western Approaches et l’Atlantique connut pour la première fois depuis le début de la guerre un semblant de paix. L’offensive générale était terminée et les marins devaient retourner à leur base pour ravitailler et se reposer. Fin janvier, les torpillages reprirent, mais en petit nombre. En effet, peu de SM étaient engagés, Donitz était revenu au rythme normal.

L’U30 torpillait au nord de Liverpool tandis que l’U33 et l’U25 torpillaient dans le carreau AM près de l’Irlande. Pour parer ce danger, les anglais firent sortie sur sortie. Le 18 janvier 1940, l’U44 coulait le danois Canadian Reefer, puis le 20 le grec Ekatontarchos Dracoulis de 5329 tonnes. Attaqué par le Douglas, il put se dégager. Donitz envoya deux autres SM avec le U44, c’est la première meute.

I. Premiers revers

Le 30 janvier, l’U55 coula le Vaclite et le Keramiai, soit 10000 tonnes, dispersés du OA-80 par le mauvais temps. Il fut contre attaqué par le Fowey qui demanda de l’aide navale et aérienne. Le sous marin fut rattrapé par le Sunderland et a été sabordé par le capitaine, Heidel. Capturé, la guerre était finie pou lui. Ce fut la première fois que la RAF et la Navy coopéraient. Le 5, l’U41 a été coulé par le destroyer Antelope alors qu’il attaquait les flancs de l’OB 84. En réalité, il cherchait à intercepter l’Ark Royal et le Renown. Le 12 février, l’U33 fut coulé par un dragueur de mines, alors qu’il en posait. Le 23 février fut coulé l’U53 par le Gurkha après avoir coulé 4 navires. L’U63 subit le même sort le 25 au sud des Shetland. Au large de Gibraltar, les convois n’étaient que peu protégés et beaucoup de navires allaient seuls. Un navire allemand, après avoir ravitaillé l’U25, coula l’Arministan de 6805 tonnes. Ainsi, fin février, les allemands constatèrent des pertes sérieuses, 14 unités, soit 400 hommes. La défense anglaise était très efficace. En contrepartie, les allemands ont coulé 40 navires en janvier, 45 en février, plus les destroyers Exmouth et Daring Les mois suivant, il n’y eut que 23 et 7 navires du fait de l’opération en Norvège.

II. Les torpilles

En mai 1940, l’expédition de Norvège était un grand succès. Mais on attribua toute la gloire à la Wehrmacht, qui n’aurait pourtant pas réussi sans la Kriegsmarine. A la fin, les équipages ont rejoint leurs bases. Mais un problème se posait : « nos torpilles ont des ratés ». En effet, les torpilles Pi1 explosaient trop loin ou trop tôt. Les équipages estimes à 150000 tonnes le manque à couler. C’était très grave au moment où Hitler voulait lancer la bataille de l’Atlantique. Prien ironisa « nous avons des fusils en bois »

On pensa à beaucoup de raisons, comme l’eau gelée des fjords. On décida qu’il fallait lancer 4 torpilles dont une magnétique par attaque. En effet, Donitz voulait redonner courage à ses hommes. Il confia à Oehrn, un nouveau SM, l’U37, un IXA, qui devait partir le 15 mai. Un soin tout particulier fut donné aux torpilles. Dans son carreau AM, au nord de l’Islande, il coula le suédois Erik Frisell. Dans le golfe de Gascogne, l’anglais Dunster Grange puis dans le carreau BF le Scheaf Mead et l’Uruguay. Au large du Portugal, les 28 et 29 mai, le Brazza, le Julien, un chalutier, la Marie-José. Puis, avant de rentrer à Kiel, le grec Ionna et le finlandais Snabb. En tout il coula 11 navires pour 41207 tonnes. Il fit son rapport, sur 5 torpilles magnétiques lancées, 4 ont eu des ratés. Mais du fait des succès de ce SM, la bataille de l’Atlantique était enfin lancée...

III. Invasion de la France

Le 10 mai 1940, c’est le début de la campagne de France. Brest fut atteinte le 16 juin, Lorient le 21 et La Rochelle le 22. Dès le lendemain de la victoire, un train partit pour la côte atlantique avec torpilles et matériel. Des officiers sont allés reconnaître les possibilités des ports français. Malgré les sabotages et les destructions opérées par les marins français, une ouverture sur l’Atlantique était une opportunité énorme pour la Kriegsmarine. Ni Reader, ni Donitz n’avaient espéré une telle victoire. En effet, il est plus facile de diriger les opérations de Paris que de Berlin. Le 23 juin, Donitz alla en Junkers à Vannes, puis à Lorient, inspecta les arsenaux et les chantiers de constructions navales. Il allait réaliser une économie de combustible et de temps. De plus, maintenant, la Luftwaffe pourra faire sa reconnaissance. Reader envoya un homme de talent, portant un nom français, von Arnaud de la Perière. Le premier U-Boote à arriver à Lorient fut l’U30 de Lemp, le 7 juillet 1940. Il s’y ravitailla en combustible et en torpilles pour aller le long des côtes du Portugal. Donitz quitta Sengwarden pour Paris le 29 août. Il fit mettre en chantier sans attendre des bases. Tout d’abord Lorient, puis La Pallice, Brest et Bordeaux ... Après le 25 octobre 1940, Todt trouva Donitz et lui présenta les plans de ses nouvelles bases. 15000 hommes travaillaient sur ces énormes blockhaus. Fin 1941, 12 SM étaient protégés à La Pallice et 40 à Lorient. Brest, St Nazaire et Bordeaux furent terminées en 1942.

b. La base de Lorient La base de Lorient devait être gigantesque, et marquée par le gigantisme. Dès août 1940, des SM furent remis en état. Des avions anglais larguèrent quelques bombes, ce ne sera pas la dernière fois. Un problème se posa, le sol rocheux. Il aurait été trop long de creuser la roche. On utilisa alors un plan incliné avec des rails. On installa un berceau sur un système de treuils puis de train jusqu’à l’alvéole qui était destinée au SM. Deux bunkers, Keroman I et II entrèrent en service le 2 septembre 1941 et pouvaient accueillir 12 SM à la fois. Il y avait de la place pour 1000 hommes et un toit de 3 mètres de béton recouvert de blocs de granit. Il y avait un cinéma, l’air conditionné, un hôpital ... Mais au début de la guerre, les allemands n’avaient pas tout çà.

IV. L’age d’or des U-Botes

Bientôt les U-Bootes vont vivre leur age d’or. En effet, les allemands commencent à acquérir de l’expérience, profitent du manque d’escorteurs anglais, ainsi que du fait qu’ils ont décodé les codes secret anglais. E juillet 1940, on mit en service une nouvelle torpille qui ne laissait pas échapper de bulles d’air, bulles qui permettaient de repérer le SM et d’éviter la torpille. Ce sera la G7 e. En décodant les messages anglais, les allemands savaient la position des convois. Heureusement, les anglais par méfiance, ont décalé les points de rendez vous à 50 nautiques en août. Bientôt des noms vont émerger. Il s’agit de Gunther Prien (U47), Endrass (U46), Oehrn (U37), Kretschmer, (U99), Schepke (U 100) ... Leur efficacité fut encore accrue par l’utilisation des meutes. On peut noter la destruction du suédois Bissen, le 7 juillet 40 par l’U99. Puis les 28, 29 et 31, il coula 4 navires (Auckland Star, Clan Menzies, Jamaica Progress et le Jersey) dans le carreau AM puis il remonta vers l’Irlande. Dans ce même carreau AM patrouillent l’U60 de Schnee, l’U59 de Matz, l’U51 de Knorr, l’U48 de Rösing et l’U101 de Frauenheim. Tous coulent et tuent... Mais l’U100 faillit couler à cause d’une faute humaine, le 16 août. Début septembre,, le service du décryptement apprit à quel endroit un convoi d’Amérique devait rejoindre son escorte. Mais le mauvais temps empêcha les 4 SM allemands de couler plus que 5 bateaux. Du 7 au 9 septembre, Prien coula 4 navires du SC2 (Neptunian, Possidon, José de Larrinaga et Gro). Puis, n’ayant plus qu’une torpille, il servit de bâtiment météorologique. Ainsi la Luftwaffe connaissait le temps idéal pour ses attaques. Les 18 et 19 octobre, dans le carreau AM, l’U38, l’U48, l’U123, l’U46, l’U101et l’U99 coulèrent 20 navires du convoi SC7. La nuit venue, ils coulèrent 8 navires du HX 79. La tactique était le même, il fallait éviter les escorteurs, se glisser entre les navires de commerce et les torpiller. Le 26 octobre, l’Empress of Britain fut attaqué par un avion et gravement endommagé. Il sera remorqué. Puis, l’U32 l’aperçut et lui envoya deux torpilles. Il coula. Ce sera le seul liner à être détruit au cours de la guerre par les allemands.

V. L’opération Seeloewe

Après ses succès un peu partout en Europe, le GQG allemand commença à préparer l’invasion de l’angleterre. Toute la campagne de France, y compris Dunkerque, avaient surpris les allemands. Mais maintenant, il faut franchir le fossé anti-char que représente la Manche. On savait bien que si la RAF et la navy, n’étaient pas neutralisées, toute opération d’envergure se solderait par un échec. Un échec serait mauvais pour la propagande et ferait oublier les victoires passées. Ainsi, il y eut de nombreuses réunions pour mettre au pont cette opération. Il fallait la maîtrise de l’air et de la mer. Goering avait donc concentré ses avions en France. Ils devaient attaquer les ports, aérodromes et plus tard les villes. Mais les anglais utilisaient habilement les radars. Ainsi, les allemands perdirent 600 appareils début août et (34 jusqu’au 5 septembre. Les pertes anglaises étaient très faibles. Goering continua donc par l’attaque des villes, le 6 il inaugure son Blitz, qui devait laisser le temps aux bases anglaises de se ressaisir. Mais Reader met les points sur les i, il faut choisir entre ce débarquement et la bataille de l’Atlantique Le 14 septembre, l’opération Seeloewe est ajournée mais pas annulée. En effet, l’annulation serait un mauvais coup de propagande et en plus, la crainte d’un débarquement entretiens en Angleterre de nombreuses troupes. Mais au cours de cette opération, les priorités ont été modifiés, beaucoup de SM n’ont pas été construits pendant ce temps.

Fin octobre, il y eut un nouveau creux. En effet, les SM ayant utilisé leurs torpilles sont retournés à leurs bases. Le 3 novembre, Kretschmer aperçut les croiseurs auxiliaires Laurentic et Patroclus, ainsi que le cargo Casanare. Touché à 1200 mètres par une torpille, il s’enfonce. Les deux autres navires sont en vue, l’un vire de bord mais le Lorentic maintien sa route, à vitesse réduite. Il lui envoya une torpille à 1500 mètres, puis une seconde, puis une troisième. L’équipage riposte en vain et envoie des fusées éclairantes. Puis c’est la tour du second navire, qui est occupé à recueillir les survivants. Bientôt, il lance à 1200 mètres une torpille sur le navire stoppé, puis une seconde qui fait peu de dégâts, puis une troisième à 950 mètres. Le SM l’acheva avec son 88 à 100 mètres. Mais il ne coule toujours pas, alors il lui lance une quatrième torpille tandis que les artilleurs du navire ne voient plus le SM. Maintenant, il n’avait plus de torpilles, et des barriques vides dans la cale faisaient flotter le navire. Puis un Sunderland anglais survola le SM, puis un paquebot arriva en renfort. Nouvelle torpille sur le Laurentic et 5eme sur le Patroclus, aux barriques. Le premier coule, le second en reçoit une sixième. Enfin, le Patroclus se brise en deux. Mais Kretschmer n’est pas satisfait, il a perdu 9 torpilles. L’événement prouve que les torpilles ne sont pas assez puissantes. Mais le commandant reçut la croix de fer avec feuilles de chêne.

Les meutes étaient à leur maximum de puissance, ils massacrèrent le commerce allié et quand ils avaient fini, ils rejoignaient leurs bases sur la côte française. Les SM accrochaient un petit fanion pour chacune de leurs victoires, rouge pour un bateau de guerre, jaune pour un pétrolier, blanc pour un cargo, plus le tonnage de leur victime.

En 5 mois, 274 navires ont été coulés, soit 1395298 tonnes. Les 5 mois précédents, ils en avaient coulé 128. Selon Donitz, les alliés pouvaient construire 200000 tonnes, par mois, et ce chiffre allait en grandissant. Il fallait donc construire plus de U-Bootes...

VI. Collaboration avec la Luftwaffe

Donitz et Reader n’avaient pas la même conception que Goering. Ce dernier était très proche du Führer, et même son successeur désigné. Ainsi, il trancha pour lui. C’est la Luftwaffe qui fera la guerre sur mer et qui entraîner les unités destinées à la guerre navale. La flotte aérienne était limitée à 44 escadrilles, le commandement tactique allait à la Marine mais le contrôle restait à la Luftwaffe. Pour Donitz, l’entraînement en commun et la collaboration sont très importants. Les hostilités venues, la situation ne s’améliora pas. Les avions de l’aéronavale étaient 200 et de piètre qualité. Ils n’avaient que les deux tiers des appareils qui seraient indispensables. Malgré les efforts de Reader, 5 mois après la guerre, un avion par jour partait en reconnaissance, parfois, et atteignaient que l’Irlande. Il ne restait pas assez longtemps pour diriger les SM ou attendre leur arrivée. Donitz, le 14 décembre 1940 écrivit que les avions désorganisaient les convois et fixent son attention, ce qui est propice aux SM. Les avions peuvent également attaquer seuls des navires de commerce. Le 2 janvier 1941, Reader rencontra Jodl, de l’OKW avec Donitz. Ce dernier montra son mécontentement et Hitler donna finalement à Donitz la 1ere escadre du KG 40. Goering était furieux ...

Avec l’aide d’italiens, l’U93, l’U94 et lU 106 patrouillaient au nord des Western Approaches. Hessler, avec son U-107 coula deux navires de 5000 tonnes dans le carreau AM. Bientôt, Donitz va rencontrer Goering. Ce dernier voulait qu’on lui restitue la 1re escadre du KG 40. Donitz, fort de la décision du Führer, refusa. Cette escadres était composée de Condors, des Focke Wulf 200 transformés. On leur avait installés des réservoirs supplémentaires pour accroître leur portée. Mais les résultats étaient pratiquement nuls. En effet, il n’y avait pas assez d’avions et ils ne se relayaient pas sur les zones à observer. Ils n’étaient efficace que quand les sous marins étaient près des avions. L’arrivée de renforts permit d’autres attaques mais les SM et les avions n‘étaient pas entraînés à travailler ensemble, et les résultats restaient nuls. Puis une technique fut trouvée. Quand un avion trouvait un convoi, il émettait sur les ondes courtes, et par recoupement ont trouvait la position de l’avion. Enfin, cette méthode donna de bons résultats.

VII. Les sous marins italiens

Donitz reçut une grande nouvelle. En effet, après avoir demandé de l’aide en vain à la Luftwaffe, Reader l’informa d’une offre de la marine italienne d’engager des unités dans l’Atlantique. Il s’agissait de 108 SM nouvellement construits et bien entraînés. Le 25 juillet, une réunion eut lieu entre les contre amiraux Weichold et Parona. Le 27 juillet, l’aide fut acceptée, et Bordeaux devait recevoir les italiens. Mais la direction des opérations restait aux allemands. En revanche, le commandant du sous marin avait ne certaine indépendance. Il est certain que les allemands avaient plus d’expérience dans l’atlantique que les italiens. La base de Bordeaux fut appelée Betasom. Le 4 septembre, le Malaspina, le premier, arriva à la base après avoir coulé le British Fame. Suivront le Barbarigo, le Danlolo, le Marconi, le Finzi, le Emo ... Le 30 septembre, Donitz visita la base et les SM italiens.

Le but des italiens est d’intensifier la bataille. Ils iront au sud-ouest de la zone où sont les U-Bootes. Ceux qui ont la plus grand autonomie iront près de Freetown. Pour Donitz, il faut instruire ces italiens à la guerre par meutes, à l’allemande. Les commandants firent des stages à bard des U-Bootes.

Une croisière d’essai eut lieu dans le Açores. Plusieurs SM y participèrent. Ils coulèrent le Orao le 12 octobre, le 15, le belge Kabalo. Mais ils conduisirent les naufragés jusqu’à un bateau neutre. En revanche dans l’Atlantique nord, les SM italiens n’étaient pas adaptés. De plus, les kiosques plus hauts que ceux des U-Bootes étaient plus repérables. Ils servaient surtout d’éclaireurs pour les allemands plus à l’est. Les italiens souffrirent du temps qui était plus agité qu’en méditerranée. Le 18 novembre, le Baracca coula le Lilian Moller. Les 18 et 19 décembres, l’Anastasia et l’Amicus furent coulés par le Veniero et le Bagnolini. Ce fut les seuls succès des SM italiens jusqu’en 1941. Mais 3 SM coulèrent entre le 31 octobre et le 7 avril 1941, au nord ouest de l’Irlande.

Le 15 décembre, le Tarentini, fut coulé par le SM anglais Thunderbolt (le 7 juillet 1941 c’est au tour du Bianchi par le Severn) à la sortie de la Gironde.

Ainsi, les succès des italiens sont moindres. Ils ne conduisirent même pas les allemands aux convois. En effet les messages italiens étaient erronés ou trop tard.

On fit des statistiques. Du 10 octobre au 30 novembre, les italiens totalisaient 243 jours de mer pour un navire coulé, le Vingland, le 9 novembre. Pendant la même période, les allemands détruisirent 80 bateaux, soit 435189 tonnes. Soit 1115 tonnes par jour.

Mais les SM italiens reçurent des modifications à Bordeaux. Les kiosque fut abaissé, des manches à air furent installés pour les diesels. Pendant ces modifications, les SM n’étaient pas en mer et Donitz disposait de 18 navires. Pour cacher cette faiblesse, il nomma les SM différemment , avec des numéros plus élevés. Il en résulta les U570, U720, U840 ...

Donitz fit un dernier essai de collaboration entre les deux nations. Le groupe qui avait tenu la zone septentrionale devait y retourner, le groupe Bianchi iraient dans une autre zone. Ce dernier fut remplacé par le groupe Velella ,aux kiosques modifiés. Le Bianchi a coulé le Linaria et le Baltistan, soit 10200 tonnes.

En pars 1941, les italiens avaient 32 unités dans l’Atlantique. Les italiens rétorquaient que leurs zones étaient pauvres en navires. Le 15 mai 1941, on décida que les italiens auraient comme zone l’ouest de Gibraltar, le sud des Western Approaches et les abords de Freetown.

Du 30 mai 1941 à fin juillet, le Marconi coula le pétrolier anglais Cairndale, puis 2 navires du OG 63. Le Brin coula le 13, 2 navires du SL 75. La Da Vinci coula le Auris. Les Malaspina, Barbarigo et Torelli coulèrent également beaucoup de navires.

En même temps, le Tazzoli longeait les côtes d’Afrique et coulait le Fernlane et l’Alfred Olsen. Les anglais réagirent, des avions et des destroyers partirent dans la zone. Le Glauco fut coulé, après avoir quitté Bordeaux le 24, parle Wishart. Il l’avait grenadé et achevé au canon. Ils détruirent le Baracca le 8 septembre (Croome). Avec la Cappellini et le Da-Vinci, il patrouillait dans les Açores. Ils avaient coulé avant un rafiot de 434 tonnes. Le 25 octobre c’es tau tout du Ferraris par le Lamerton à l’ouest de Gibraltar.

Ainsi, les italiens ont payé très cher le tonnage coulé. Mais ils ne pouvaient combattre dans l’Atlantique nord. Ils n’étaient pas entraînés pour cela. En revanche, les italiens brillèrent dans des actions individuelles et dans les mers chaudes, où les navires naviguaient souvent seuls. On peut aussi noter le courage des hommes torpilles italiens.

Mais au final, la collaboration avec les allemands ne donna pas les résultats escomptés.

VIII. La rudeltaktik (octobre 1940)

La technique des meutes est était exposée dans le « manuel du commandant de sous marin ». Les anglais connaissaient ce livre et « l’arme sous marine » de Donitz. Ils n’en tinrent pas compte et les meutes les surprirent. Les grandes lignes sont de signaler l’ennemi, de concentrer les SM et d’attaquer le convoi. Des essais ont été effectués en 1937 dans la Baltique. Un sous marin qui repère un navire ou un convoi doit appeler le plus de SM possible, selon les possibilités. Le tout est dirigé depuis la terre. C’est souvent un SM météo ou d’observation qui donne l’alarme. Sur terre on a la position de tous les SM et celle estimée de l’ennemi. Certains suivent les convois à la limite de la visibilité. Puis c’est l’attaque. Les anglais ne connaissent pas le code allemand et ne peuvent donc pas connaître les intentions de l’ennemi.

L’attaque est donnée au crépuscule, sans coordination. A la fin, les SM s’échappent à toute vitesse pour recharger les tubes. Soit il revient à l’attaque soit, si il est poursuivi, il part à pleine vitesse et en plongée.

Les ordres sont donnés de Lorient, où dans un gigantesque bunker, on connaît toutes les variables, courants, vitesse du vent ... Des cartes tapissent les murs Un autre pièce contenait les statistiques de destruction, construction, jour après jour.

Souvent les commandants exagéraient leurs actes.

En cas de baisse de rendement, il fallait trouver pourquoi et y remédier ...

Le temps était une préoccupation importante. En novembre 1940, les premières meutes étaient formées, composés de « loups gris ». La nuit entière ils harcelaient les convois, disparaissaient le jour pour revenir la nuit et cela recommençait...


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