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Les bâtiments de surface
jeudi 2 juillet 2009 par G. Sevin
LA GUERRE DE COURSE DES BATIMENTS DE SURFACE ALLEMANDS
Début 1940, les allemands préparaient une nouvelle offensive en Atlantique Sud.
I. L’aventure des premiers raiders
Les premiers raiders furent des navires de commerce, au nombre de six, choisis pour leur solidité, et armés secrètement. On leur ajouta six canons de 150, une importante artillerie et 4 tubes à torpilles. Ils avaient deux avions de reconnaissance et des vedettes rapides armées d’un canon et de torpilles. Ce seraient le Thor, le Orion, le Komet, l’Atlantis, le Widder et le Pinguin. La tactique était simple. En cas de présence d’un navire de guerre ennemi, il fallait partir. Sinon, couler le plus gros tonnage possible.
Les premières victimes furent les cargos Davisian et King John. Mais l’alerte fut donnée le 18 juillet 1940 par les naufragés. Ils décrivaient le Widder comme un cargo lourdement armé qui coula leur navire au canon.
De ce fait, l’amiral sir Nennedy-Purvis, , chargé de la défense de l’Atlantique sud, reporta le départ de navires seuls et ordonna aux navires de longer les eaux territoriales américaines.
Le contre Amiral Harwood, encore ému par sa victoire de Rio de la Plata, accompagné du croiseur auxiliaire Alcantara et du croiseur Hawkins, patrouillait près de l’île de Trinidad. Le 28 juillet, l’Alcantara rencontra le Thor, qui avait déjà coulé 6 navires. L’anglais, moins puissant fut massacré mais donna la position de l’ennemi. Les anglais en tirèrent des conséquences. Il fallait mieux armer les croiseurs auxiliaires et envoyer de vrais croiseurs pour combattre le mystérieux ennemi. Puis, le Thor alla dans une zone désertique pour se ravitailler. NB Tous les ravitailleurs allemands seront coulés entre 1940 et 1943. Début septembre, le Thor pouvait à nouveau laisser un sillage de mort...
En septembre et octobre, il coula deux navires, puis le 5 décembre, il rencontra un croiseur auxiliaire, le Carnavon Castle. Une fois de plus, le britannique succomba.
La situation était grave. On savait que des cuirassés de poche se trouvaient au nord et les anglais n’avaient pas assez de navires pour quadriller tout l’Atlantique. Mais le Thor disparut jusqu’à fin décembre.
Le 25 mars 1941, il coulait deux navires. Le 4 avril, il coula le Voltaire, croiseur auxiliaire. Le combat avait duré deux heures et endommagé, le raider retourna à Hambourg. Il aura coulé 83000 tonnes, dont trois croiseurs auxiliaires.
L’Atlantis, l’Orion et le Widder étaient partis avant le Thor. Le Pinguin partait le 22 juin 1940, 17 jours après le Thor. Le Komet servit dans le pacifique, c’est pourquoi nous n’en parlerons pas. Mais souvent les raiders changeaient d’océan pour se faire oublier ou couler de nouveaux convois. Puis, les rendez vous avec les ravitailleurs étaient communiqués et parfaitement organisés.
En janvier 1941, un ravitaillement rassembla 7 navires !
L’Orion, vieux navire, rempli de mines (300), arriva à Bordeaux le 23 août 1941 pour être désarmé. Il aura coulé 7 navires dont le Clauser qui se défendit vaillamment.
Le Widder fut plus heureux, arrivant dans l’Atlantique par le détroit du Danemark le 9 mai 40, il détruisit en juin 2 pétroliers, et en tout 10 unités, soit 58645 tonnes jusqu’au 31 octobre. Mais le capitaine, cruel, sera jugé.
Le Pinguin était entré dans l’Atlantique en juin 1940, disposant de 300 mines. Après avoir coulé un navire, il alla dans le pacifique et l’Indien, où il coula 3 gros pétroliers et 3 autres navires. Il transforma le Storstad en mouilleur de mines et alla avec lui en poser devant l’Australie et la Tasmanie. De retour dans l’Atlantique, il coula 6 navires, dont trois navires frigorifiques anglais. Plus au sud, il coula 11 chasseurs de baleines et 3 navires usines, après s’être fait ravitailler avec le Scheer et le Thor. Il coula aussi dans la mer d’Oman un grand pétrolier et un autre navire, toujours après s’être ravitaillé dans l’Atlantique. Le lendemain du 7 mai 1941, il fut coulé parle Cornwall, appelé en secours par le pétrolier British Emperor. Ses 8 canons de 205 eurent raison de l’allemand. Ce dernier aura coulé ou capturé 28 navires, soit 136551 tonnes, et se rapprochèrent des destructions de l’Atlantis.
La tâche de l’Atlantis, raider sous le commandant Rogge, était de rallier Freetown et de couler le plus possible. Il appareilla en secret le 22 mars 1940, de nuit, avec le drapeau de la KM et tous ses canons visibles. Le 24, il était au large de la Norvège, avec pavillon de quarantaine. En avril, il ressemblait à un navire russe, au large du Groenland. Son nom était alors le Kim. Dans l’Atlantique sud, ce fut le City of Exeter qui aperçut le Kashii Maru. C’était encore une fois l’Atlantis.
Le 3 mai, on aperçut une fumée près de Freetown. On se mit en position de combat, ordonna au navire de s’arrêter et de ne pas envoyer de RRR. On enleva le camouflage pour montrer les 150 mm, maquillés en grue, puis mit le pavillon de guerre allemand. Mais le Scientist s’éloignait et envoya un appel radio. Le feu se déchaîna et le navire s’immobilisa. On posa des explosifs et on fit l’équipage prisonnier.
Ce fut la première victoire de l’Atlantis. Il y en aura bientôt 21 autres.
Mais un problème se posait : c’est la radio. Il fallait interdire aux anglais d’utiliser leur TSF. Donc l’approche se ferait de nuit et l’attaque à l’aube. Et à coutre portée, détruire sans préavis la radio. C’était contraire aux règles de la marine. Plus tard, le raider posa des mines, devant le cap Agulhas. Pour brouiller les pistes, on jeta à la mer une bouée avec l’inscription U37 et de l’huile. Le 25 mai, l’Abbekerk, ou plutôt l’Atlantis, entendait à la radio que huit navires marchands ont heurté les mines. On fêta la chute de Paris, puis on alla dans l’océan indien.
La deuxième victime fut le Tirranna, rencontré entre Afrique et Australie. Dès le premier coup de canon, le norvégien appela à l’aide et ne fit silence qu’après plusieurs salves. Le pont était recouvert de sang. Il contenait des camions, de la bière ,de la confiture ... L’Atlantis se ravitailla. Mais le navire ne fut pas détruit, il servira plus tard à transporter les prisonniers.
Il détruit entre le 11 juillet 1940 et le 2 février &941 le City of Bagdad, le Kemmerdine, le Talleyrand, le King City, le Commissaire Ramel (équipage franco-britannique), soit 13 navires, ou 70000 tonnes.
La fin du Kemmerdine fut tragique, dès les premiers coups, le navire se rendit, mais n’ayant pas entendu l’ordre de se rendre, un homme ouvrit le feu sur le raider. Rogge riposta et détruisit le navire.
Les destructions se succédaient et les prisonniers s’accumulaient. Ils furent transférés dans le Tiranna. Mais ce dernier fut coulé par l’anglais Tuna.
Le 16 avril 1941, l’Atlantis se trouva sur la route de Cape Town à Freetown. Il y coula le Zam Zam. Mais ce dernier contenait 100 prêtres, 76 femmes, 35 enfants et 138 Américains.
Entre le 14 mai et le 22 juin, il alla vers l’Antarctique. Puis, il décida de rentrer en Allemagne, ayant des réserves en fuel. Il devait rejoindre le Komet. Le 29 octobre, il passa le cap Horn, après être passé au nord de la Sibérie. Puis, on lui ordonna de ravitailler l’U68, puis l’U126. Malheureusement, le croiseur Devonshire arriva en vue, bien plus puissant que l’Atlantis. Le SM s’éloigne et plonge. Rogge utilisa la ruse, il ordonna de na pas répondre par le feu et de télégraphie qu’il est attaqué par un raider et s’appelle le Polyphemus. L’Anglais a cessé son tir et demanda à Freetown si ce navire devait être là. Bientôt le Devonshire reprend son tir, une salve frappe l’avant. Le seul espoir est l’U126. Mais Rogge fait évacuer le navire et ce dernier coula. Le U-Boote était allé se cacher mais recueillit les survivants. Bientôt le Python, envoyé par Donitz, arriva pour recueillir les survivants. Mais le Dunedin, faisant partie de la même mission que le Devonshire, fut coulé par l’U124.
Puis, le Python devait ravitailler les SM envoyés aux alentours de Cape Town, avec le Kota Penang, un autre ravitailleur. Mais les anglais patrouillaient. Le 1er décembre, le Python se saborda sous les tirs du Dorsetshire.
Les naufragés de l’Atlantis étaient rejoints par ceux du Python Entre temps, les USA étaient entrés en guerre. Ils furent sauvés par 4 SM italiens, qui purent se dérober aux bombardements. Ils auront parcouru 5000 nautiques à bord de différents navires ,dans de mauvaises conditions.
Bientôt, il y aura une seconde vague de raiders. Malgré le peu de navires détruits, ils auront mobilisé les flottes anglaises, qui pendant ce temps ne pouvaient pas protéger les convois. Mais pour les anglais une leçon était à tirer : les bateaux détruits étaient isolés ...
II. L’Admiral Scheer
Le 28 octobre, après avoir traversé le canal de Kiel, le cuirassé de poche atteint l’Atlantique par le détroit du Danemark. Il détruisit tout d’abord le Mopan, qui n’a pu envoyer le RRR qui aurait sauvé d’autres bateaux.
Le 5 novembre 1940, le convoi HX 84 était protégé par le Jervis Bay. Il y avait 37 navires marchands protégés par lui seul. Un bateau se rapproche soudain du convoi, c’est le Scheer. Le bateau anglais n’a aucune chance... Le capitaine Fegen, l’anglais, décide de tirer le premier, sans faire l’économie des munitions. Mais que peut-il faire face à des 280 mm. La première salve est trop courte mais la seconde broie le navire. Il est rapidement détruit mais son sacrifice a sauvé les autres navires du convoi. Tous les hommes sont morts ...
Puis, le Scheer rattrape le dernier navire de commerce, puis le suivant, puis il coule, coule ... Que pouvaient donc faire de faibles bateaux de commerce contre un cuirassé, aux blindages increvables. Le soir, il stoppe la poursuite. Encore deux bateaux, soit 6 en tout. Le dernier, le pétrolier San Demetrio sera néanmoins sauvé.
Les anglais ne savaient rien sur ce grand raider. Après le Graf Spee, c’es tau tour de l’Admiral Scheer de massacrer le commerce allié. Les itinéraires des navires ont alors été changés.
Deux convois d’Halifax reviendront au port et la force K se dirigea vers Freetown. Elle était composée du Formidable et des croiseurs Berwick et l’Admiralty. Le Hermes devait patrouiller autour de ST Hélène, le Cumberland et le Newcastle sur la route du Cap.
De Scapa Flow, le Nelson et le Rodney, plus de nouveaux croiseurs devaient surveiller le détroit du Danemark. Le Hood et le Repulse devaient défendre Brest et Lorient.
Le navire Scheer a dispersé les bâtiments anglais. Les convois ont été retardés. Pendant ce temps, il coulait.
Il se dirigea vers le milieu de l’Atlantique, puis après s’être ravitaillé auprès du Nordmark, fit une vaste boucle des Antilles au Cap Vert. A chaque extrémité, il coulait : le Port Hobart le 25 novembre, le Tribesman le 1er décembre. Mais ces deux navires ont signalé leur position. Le 14 décembre, il ravitailla, puis partit quelques temps. Le 18, il rencontra le Duquesa, et l’obligea à émettre que le cargo était attaqué par l’Admiral Hipper.
Subterfuge réussit, et les anglais envoyèrent le Neptune et le Dorsetshire à l’oust. De plus, des navires se concentrèrent à Sainte-Hélène. Les mailles étaient trop grandes pour arrêter le cuirassé de poche.
Profitant de cette diversion, le Hipper et le Kormoran percèrent jusqu’à l’Atlantique.
Bientôt, des SM allemands ajoutèrent à la confusion, en apparaissent au large de Freetown. Le 21 décembre, l’U65 y coula le Charles Pratt, le 24, le British Premier et endommagea le British Zeal. Donitz combinait alors ses différentes armes, raiders, U-Boots, cuirassés de poche...
Après plusieurs anecdotes, il disparut dans l’océan indien, pour revenir dans l’Atlantique le 3 mars. Le 11 il se ravitailla chez l’Altmark puis retourna en Allemagne. Les anglais cherchaient alors le Scharnhorst et le Greisenau qui allaient vers Brest. Il aura coulé 16 navires marchands et 1 croiseur auxiliaire. Et d plus, il a mobilisé d’énormes moyens anglais, qui ne purent défendre les convois.
III. L’Admiral Hipper
Le Hipper, suivi du Kormoran furent lancés bientôt dans la bataille. Il attaqua le 25 décembre le WS 5 A, 20 navires chargés de troupes. Mais il était bien défendu et le Hipper ne voulait courir aucun risque et quelques machines ne fonctionnaient pas à plein régime. Il endommagea le Berwick et deux navires de commerce, puis se retira. Il retourna le 27 à Brest pour s’y faire réparer. Pour éviter de perdre un navire de gros tonnage, on utilisait des « forceurs de blocus » contre les mines. De même, le Greisenau retourna au port à cause du mauvais temps.
